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EU_ECONOMICS05 / 05 · histoire du jour3 min · 818 mots · 61 sources

Hongrie et Slovaquie sous menace tarifaire

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Écrit par IAto brief AI · 9 août 2026, 02:50
Comment elle a été écrite

Russian energy purchases now crowd the route to American markets.

Composition d image · tobrief
le texte · 3 min de lecture

Le Sénat américain a adopté le 7 août un texte de sanctions contre la Russie et l’Iran qui permettrait de frapper jusqu’à 100 % les biens importés des cinq plus gros acheteurs d’énergie russe. La mesure n’est pas encore en vigueur, mais elle vise déjà les maillons faibles de la stratégie européenne de sortie du gaz et du pétrole russes.

Le vote du Sénat américain, acquis par 86 voix contre 11 le 7 août, a été traité en Europe comme si Washington venait d’imposer une nouvelle salve tarifaire. Ce n’est pas le cas. Le texte doit encore être approuvé par la Chambre des représentants, actuellement en congé jusqu’en septembre, puis signé par le président. Aucun droit de douane ne s’applique tant que ces deux étapes n’ont pas eu lieu.

Mais l’architecture du dispositif compte déjà. Elle désigne, sans les nommer, les États membres de l’UE qui ont le plus tardé à rompre leurs liens énergétiques avec Moscou.

Le texte classe les pays, puis les taxe

Le projet de loi ne dresse pas de liste de pays. Il crée un mécanisme de classement : le président imposerait des droits allant jusqu’à 100 % sur les importations en provenance des cinq pays ayant acheté le plus de pétrole brut ou de gaz naturel russes au cours des douze mois précédents (Congress.gov). Cette liste serait actualisée tous les 180 jours. Une autre disposition autorise des droits pouvant atteindre 500 % sur les biens importés directement de Russie.

Les pays peuvent échapper au classement gazier s’ils représentent moins de 15 % des exportations totales de gaz russe et réduisent activement cette dépendance. Le président conserve aussi un pouvoir de dérogation si une surtaxe entre en conflit avec les intérêts nationaux américains (CBS). Le Congrès donnerait donc un instrument à la Maison Blanche, pas un ordre automatique. Les niveaux définitifs de droits seraient fixés par l’administration, non verrouillés par le texte.

La Hongrie et la Slovaquie en première ligne

Dans l’UE, les pays les plus exposés sont ceux qui reçoivent encore du brut russe par l’oléoduc Droujba, l’infrastructure héritée de l’époque soviétique qui relie la Russie à l’Europe centrale via la Biélorussie. Lorsque Bruxelles a interdit le pétrole russe transporté par mer en 2022, elle a accordé des exemptions pour les livraisons par oléoduc. La Hongrie et la Slovaquie sont les deux États membres qui les utilisent encore. La Commission européenne dit travailler avec les deux gouvernements à la diversification, mais aucun des deux n’a présenté de calendrier concret de sortie.

La Hongrie pourrait vraisemblablement figurer parmi les cinq pays visés. Mais le texte américain pose une autre question que celle débattue d’ordinaire à Budapest. Ce qui compte n’est pas la part russe dans le bouquet énergétique hongrois ; c’est la part de la Hongrie dans l’ensemble des exportations russes de gaz, deux indicateurs très différents. L’exemption prévue pour le gaz pourrait donc protéger Budapest sur ce volet.

Le cas slovaque est plus direct. La raffinerie Slovnaft transforme toujours du brut acheminé par Droujba, Gazprom reste le premier fournisseur de gaz du pays, et le gouvernement n’a fixé aucun calendrier de remplacement.

La Belgique relève d’un risque plus étroit. En juillet, la totalité du GNL, c’est-à-dire du gaz naturel liquéfié transporté par méthanier, arrivé en Belgique était russe. Mais une grande partie de ce gaz transite par le terminal de Zeebruges pour être réexportée, sans être consommée en Belgique. Si Washington compte les cargaisons débarquées plutôt que l’usage final, des exportateurs belges pourraient être pénalisés pour une énergie que leur pays n’a pas brûlée. Tout dépendra de la définition américaine de l’« acheteur ».

Budapest décide sur l’énergie, Bruxelles paie le choc commercial

La politique commerciale relève d’une compétence exclusive de l’UE au titre du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne : seule Bruxelles peut négocier les conditions commerciales ou riposter au nom des États membres. La Hongrie et la Slovaquie ne peuvent donc pas conclure leur propre arrangement avec Washington. Si des droits américains frappent leurs exportations, la Commission devra répondre pour défendre des pays dont la dépendance à l’énergie russe est considérée, dans une grande partie de l’Union, comme un fardeau stratégique.

Le texte du Sénat agit comme une pression extérieure sur un problème que Bruxelles n’a pas réussi à régler État par État. La Commission a géré les récalcitrants par des exemptions et des calendriers. Washington introduit une incitation plus brutale : continuer à acheter de l’énergie russe, c’est exposer ses exportateurs.

Cette pression existe déjà. Les entreprises hongroises et slovaques qui vendent aux États-Unis, dans l’automobile, les machines ou la chimie, doivent désormais intégrer un risque nouveau dans leurs prix, leurs contrats de livraison et leurs procédures douanières. Même non appliqué, un droit de 100 % devenu plausible modifie les calculs commerciaux. Les sanctions européennes n’avaient jamais produit ce degré d’incertitude pour les entreprises concernées.

La Chambre des représentants peut encore bloquer ou modifier le texte. Mais le mécanisme de classement, mobile et révisé tous les six mois, change déjà la nature du débat à Budapest et à Bratislava. La question n’est plus seulement politique. Elle devient commerciale, dès maintenant.

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8/9/2026, 1:58:38 AM
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