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EU_PUBLIC_AFFAIRS08 / 08 · histoire du jour3 min · 812 mots · 144 sources

11 pays ciblent 478,000 visas russes

Écrit par IAto brief AI · 8 juin 2026, 03:50
Comment elle a été écrite

The administrative machinery of the Mediterranean remains open, leaving a heavy mark on the shoreline.

Composition d image · tobrief
le texte · 3 min de lecture

Onze pays européens demandent à la Commission des restrictions obligatoires sur les visas Schengen accordés aux Russes. En 2025, près de 478 000 visas touristiques leur ont été délivrés, surtout par la France, l’Italie et l’Espagne.

Sur les plages françaises, italiennes ou espagnoles, le débat sur les visas russes se heurte à une contradiction très concrète : l’Union européenne sanctionne Moscou, mais laisse encore largement circuler ses touristes. Le 3 juin, la Suède, le Danemark, la Finlande, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la République tchèque, les Pays-Bas, l’Islande et la Norvège ont écrit à la Commission européenne pour réclamer des règles contraignantes.

Les chiffres derrière la colère

Les pays de l’espace Schengen ont délivré 477 878 visas touristiques à des ressortissants russes en 2025, soit près de 40 % de plus qu’en 2023, première année complète de guerre (EUobserver, GP). Trois pays concentrent environ 75 % de ces visas : la France, avec près de 156 500 visas, l’Italie, avec 161 000, et l’Espagne, avec 123 000 (Euronews, Quotidiano.net).

Dans leur lettre, les onze signataires jugent « profondément troublant » que des touristes russes passent leurs vacances en Europe pendant que « les missiles et les drones continuent de frapper les civils et les infrastructures civiles en Ukraine » (Euractiv). Le ministre suédois de la migration, Johan Forssell, a résumé la ligne des États du Nord et de l’Est : les Russes « qui soutiennent l’invasion à grande échelle de la Russie ne devraient pas pouvoir venir en Europe se reposer sur des plages ou boire du vin rouge en terrasse » (GP).

Un système conçu pour se fragmenter

Le blocage vient de l’architecture même de Schengen. Chaque État décide, dans ses consulats, à qui il accorde un visa. Mais une fois muni d’un visa Schengen français, un touriste russe peut circuler légalement dans 29 pays. L’Estonie a interdit l’entrée des Russes en août 2022 sur la base de son droit national (Riigi Teataja) et les refoule à sa frontière, quel que soit le pays qui a délivré le visa. La Pologne a adopté une logique similaire.

Ces mesures contournent le problème sans le régler au niveau européen. Le seul outil collectif disponible, l’article 25 bis du code des visas, permet au Conseil, où siègent les gouvernements des États membres, de suspendre certains avantages accordés à un pays tiers. Mais ce mécanisme vise les États qui refusent de reprendre leurs ressortissants en situation irrégulière dans l’UE. Il ne concerne ni la guerre ni la sécurité. Lorsqu’il a été utilisé contre l’Éthiopie en 2024, il s’agissait uniquement de coopération en matière de réadmission (Brussels Times). Son activation exige en outre l’unanimité : la France, l’Italie ou l’Espagne peuvent donc bloquer seules.

Le centre silencieux et la résistance méditerranéenne

L’Allemagne n’a pas signé la lettre, même si elle a délivré moins de 24 000 visas russes en 2025, soit une chute de 90 % par rapport aux niveaux d’avant-guerre. L’argument de Berlin, formulé dans l’IPG Journal, est qu’une interdiction générale serait « un cadeau au Kremlin », en nourrissant le récit selon lequel « l’Occident n’est pas dirigé contre la guerre, mais contre le peuple russe » (IPG Journal). Ioulia Navalnaïa, veuve de l’opposant russe, a formulé le même avertissement (Le Monde).

La France, l’Italie et l’Espagne n’ont pas répondu formellement à la lettre. Selon Le Monde, le sujet « embarrasse » Paris : des sources diplomatiques y font valoir que les sanctions existantes bloquent déjà les personnes inscrites sur les listes européennes et qu’il ne faut pas pénaliser les étudiants ni les figures de l’opposition (Le Monde). L’Italie, elle, arrive affaiblie dans ce débat par l’arrestation d’un ancien ambassadeur accusé d’avoir vendu des visas Schengen à des Russes jusqu’à 16 000 euros pièce (Difesa Online).

Une promesse renvoyée à plus tard

La Commission, par la voix de son porte-parole Markus Lammert, a répondu le 5 juin qu’elle envisageait des « mesures restrictives ciblées en matière de visas » dans le cadre d’une révision du code des visas attendue en 2027, sans préciser leur portée ni le calendrier d’adoption (Euronews). Même si Bruxelles présente un texte à temps, celui-ci devra encore passer par des négociations avec le Parlement européen, qui dispose du même pouvoir d’amendement et de rejet que le Conseil. Paris et Rome pourront donc en réduire la portée à plusieurs étapes.

La coalition des onze veut des règles contraignantes avant l’été prochain. La Commission lui promet une réforme pour l’année suivante. Entre les deux, il y a une nouvelle saison touristique et potentiellement près d’un demi-million de visas supplémentaires : une faille morale et sécuritaire pour le flanc oriental, une recette économique pour les côtes méditerranéennes. Tant que le code des visas ne change pas, l’Union européenne continuera de sanctionner la Russie tout en tamponnant les passeports de ses touristes.

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6/8/2026, 3:03:08 AM
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