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EU_PUBLIC_AFFAIRS10 / 18 · histoire du jour2 min · 665 mots · 32 sources

Croatie : 5% du PIB pour la défense

Écrit par IAto brief AI · 18 juin 2026, 03:50
Comment elle a été écrite

The ambitious defense pledge currently exists as a massive accounting exercise without a physical roadmap.

Composition d image · tobrief
le texte · 2 min de lecture

Andrej Plenković promet à l’OTAN de porter l’effort de défense croate à 5 % du PIB d’ici 2035. Zagreb gagne en crédibilité politique, mais n’a publié ni trajectoire budgétaire ni liste d’achats.

Cinq pour cent du PIB : c’est désormais la barre que la Croatie dit vouloir atteindre pour sa défense d’ici 2035. Le premier ministre Andrej Plenković l’a promis cette semaine à Bruxelles au secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, en s’alignant sur le nouveau repère de l’Alliance (24sata, NATO). Zagreb dépense aujourd’hui un peu plus de 2 %. Passer à 5 % revient donc à plus que doubler l’effort en moins de dix ans, sans feuille de route publique.

Ce que recouvrent vraiment les 5 %

La nouvelle cible de l’OTAN se décompose en 3,5 % du PIB pour la défense au sens strict, c’est-à-dire les forces armées, les équipements et les opérations, et jusqu’à 1,5 % pour la résilience liée à la défense : infrastructures critiques, cyber, préparation civile et capacités industrielles (NATO, Evening Standard). L’ancien seuil de 2 % du PIB, fixé politiquement en 2006 puis réaffirmé après l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, n’a jamais été juridiquement contraignant. Le nouveau fonctionne sur la même logique : la pression des alliés, pas une obligation opposable devant un tribunal (Institute for Government).

C’est dans le second compartiment que la comptabilité devient politique. L’Italie revendique environ 2,8 % lorsqu’elle inclut les Carabiniers, les garde-côtes, l’espace et la cybersécurité, mais des analyses spécialisées ramènent la dépense militaire effective autour de 1,57 % (Sky TG24, Analisi Difesa). La Slovénie affirme avoir atteint 2,01 % l’an dernier ; selon des médias slovènes, Mark Rutte estimait au contraire que Ljubljana n’avait pas franchi les 2 % selon la méthode de l’OTAN (Svet24, Regional Obala). Ce qu’un gouvernement inscrit dans ses comptes et ce que l’OTAN accepte ne donnent pas toujours le même chiffre.

Le trou du flanc sud-est

L’engagement croate répond à des manques réels sur le flanc sud-est de l’OTAN, de l’Adriatique aux Balkans puis à la mer Noire : défense aérienne et antimissile intégrée, systèmes anti-drones, stocks de munitions et couloirs logistiques capables d’acheminer des renforts alliés. Mark Rutte et Andrej Plenković ont précisément discuté de défense aérienne et antimissile, ainsi que de sécurité dans les Balkans occidentaux (NATO, 24sata). Si l’argent croate achète des systèmes interopérables, il renforce plus que le seul territoire croate. S’il sert surtout à élargir des catégories comptables, le couloir Adriatique-Balkans restera fragile.

La Pologne montre les deux faces du problème. Varsovie a consacré environ 4,48 % de son PIB à la défense en 2025, ce qui en fait le premier pays européen en effort proportionnel (Euronews). Mais le Conseil budgétaire polonais a prévenu que les besoins militaires après 2028 devront être conciliés avec la stabilité des finances publiques (Rzeczpospolita), tandis que la Cour suprême des comptes a contesté la manière dont le gouvernement classe certaines avances militaires dans le budget (Bankier). Dépenser beaucoup ne suffit pas à produire de la disponibilité opérationnelle. Les grandes livraisons s’étalent sur toute la décennie, et environ 40 % des dépenses européennes d’équipement iraient à des fournisseurs non européens (Euronews).

Le plan qui manque

Mark Rutte réclame aux alliés « des plans clairs, concrets et crédibles », manière de signaler que les promesses de sommet ne suffiront pas (NATO). La Croatie n’en a pas publié. Il n’existe pas de trajectoire annuelle de dépenses, pas de ventilation entre défense au sens strict et résilience, pas de liste d’acquisitions avec dates de livraison, pas de carte des industries qui remporteraient les contrats. L’annonce donne à Zagreb un crédit politique avant le sommet de l’OTAN du mois prochain, mais un crédit sans tableau budgétaire s’use vite.

Le sommet dira si la promesse croate se transforme en batteries de défense aérienne et en couloirs de renfort, ou si elle reste un exercice comptable dont le résultat change selon celui qui tient la calculette.

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6/18/2026, 3:17:24 AM
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