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EU_ECONOMICS02 / 04 · histoire du jour3 min · 810 mots · 47 sources

Le DAX gagne, l’emploi recule

Écrit par IAto brief AI · 15 août 2026, 02:50
Comment elle a été écrite

Record profits rise as Europe’s industrial workforce quietly disappears.

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le texte · 3 min de lecture

Les 40 plus grands groupes cotés allemands ont dégagé un bénéfice opérationnel record au deuxième trimestre, tout en réduisant leurs effectifs. Le signal est moins paradoxal qu’il n’y paraît : les profits se font de plus en plus hors de l’usine allemande.

Le capitalisme industriel allemand sait encore gagner de l’argent. Il sait moins garantir que cet argent continuera de soutenir l’emploi manufacturier en Allemagne, et donc dans les chaînes de sous-traitance d’Europe centrale qui dépendent de ses commandes.

Au deuxième trimestre, les 40 plus grandes entreprises cotées d’Allemagne ont enregistré 52,6 milliards d’euros de bénéfice opérationnel, soit près de 16 % de plus qu’un an plus tôt. Dans le même temps, elles employaient 41 000 personnes de moins (Tagesschau, Handelsblatt). Ces deux chiffres ne se contredisent pas. Ils décrivent le même déplacement : des groupes allemands capables de préserver leurs marges à l’étranger, ou dans des secteurs peu intensifs en production nationale, tout en réduisant la base d’emplois qui faisait la force industrielle du pays.

D’où viennent les profits

Le DAX, l’indice des grandes valeurs allemandes, n’est pas un thermomètre fidèle des usines du pays. Il rassemble aussi des télécoms, des assureurs, des groupes de défense et des laboratoires pharmaceutiques. Le premier contributeur du trimestre a été Deutsche Telekom, avec 6,9 milliards d’euros de bénéfice opérationnel, tirés en grande partie par T-Mobile US. Allianz, l’assureur, arrive deuxième avec 4,9 milliards d’euros (Handelsblatt). Comme l’a relevé la FAZ, cette envolée des profits ne dit donc presque rien de la santé de l’appareil productif allemand. Une partie importante de ces bénéfices provient d’activités qui n’ont pas besoin d’ouvriers de production en Allemagne.

Dans les usines, le tableau est plus dur. L’emploi automobile a reculé de 5,8 % sur un an, à 691 500 salariés, son plus bas niveau depuis 2005. L’ensemble de l’industrie manufacturière a perdu 2,7 % de ses effectifs, tombés à 5,29 millions (Tagesschau). Les équipementiers automobiles, eux, ont supprimé 7,6 % de leurs emplois (DW). Ce dernier chiffre compte particulièrement : c’est par les équipementiers que la contraction allemande se transmet aux usines de Pologne, de Tchéquie, de Slovaquie ou de Roumanie.

L’Allemagne ne remplace plus ce qu’elle use

Les entreprises ne réinvestissent plus assez dans leurs sites allemands pour compenser l’usure du capital productif. En mai, la Bundesbank a indiqué que l’investissement fixe net, c’est-à-dire les dépenses en nouveaux équipements une fois retranchée la dépréciation des machines existantes, était devenu négatif en 2024 et 2025. C’est une première depuis la réunification (Bundesbank). Les dépenses des entreprises en machines, corrigées de l’inflation, reculent depuis 2019.

Ce retrait de l’investissement renvoie à un problème de compétitivité plus large. La Bundesbank estime qu’environ les trois quarts de la perte récente de parts de marché à l’exportation de l’Allemagne viennent d’un affaiblissement compétitif, et non d’une simple baisse de la demande mondiale. Les exportations allemandes de voitures vers la Chine ont presque été divisées par deux entre 2021 et 2025 (Bundesbank). Les prix de l’électricité industrielle ont certes baissé de 4,2 % sur un an en juin (Destatis), ce qui atténue le choc énergétique de 2022-2023. Mais l’ensemble de la structure de coûts continue de décourager l’ouverture de nouvelles capacités en Allemagne.

La pression gagne l’Europe centrale

L’Allemagne reste le point d’ancrage des chaînes industrielles du continent. Près de 28 % des exportations polonaises partent vers l’Allemagne (PAP Mediaroom). Environ un tiers des exportations tchèques suivent la même route (Novinky). La BCE, qui fixe la politique monétaire de la zone euro, a déjà prévenu que les pressions de coûts et les faiblesses conjoncturelles circulent vite dans ces réseaux (BCE).

La Roumanie montre ce que cela signifie concrètement. La production automobile y a chuté de 12,7 % au premier semestre, et plus de 18 000 salariés du secteur ont perdu leur emploi entre janvier 2025 et avril 2026 (PSNews, ZF). Certaines usines continuent pourtant de gagner des commandes : la production automobile tchèque a progressé de 4,5 % au premier semestre, Škoda tournant à pleine capacité (iROZHLAS). En Hongrie, la fabrication de véhicules a bondi de 21 % en juin (HVG). Mais ces gains restent sélectifs, dans un secteur automobile européen qui se contracte globalement.

Les grands groupes allemands diversifiés protègent leurs marges grâce aux revenus étrangers, aux réductions de coûts et à une composition sectorielle moins dépendante de l’usine nationale. L’Allemagne, elle, devient moins certaine d’accueillir la prochaine usine, la prochaine ligne de batteries ou le prochain contrat de sous-traitance. Cette décision d’entreprise se propage ensuite le long des chaînes de fournisseurs, jusqu’en Pologne, en Tchéquie, en Slovaquie et en Roumanie. Les sites d’Europe centrale peuvent encore gagner du travail lorsque la production se déplace. Cela ne garantit pas l’emploi, surtout lorsque les groupes qui attribuent ces commandes réduisent déjà leurs effectifs européens.

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8/15/2026, 1:50:24 AM
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