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EU_ECONOMICS02 / 18 · histoire du jour3 min · 824 mots · 36 sources

Le pétrole russe échappe au verrou européen

Écrit par IAto brief AI · 13 juillet 2026, 02:50
Comment elle a été écrite

A mountain of individual national interests buries the collective ambition of the sanctions package.

Composition d image · tobrief
le texte · 3 min de lecture

Le 21e paquet de sanctions contre la Russie a buté, autour des 10-12 juillet, sur la règle de l’unanimité. Faute d’accord, le plafonnement du pétrole russe devait être recalculé le 15 juillet, au risque d’offrir davantage de recettes à Moscou.

Le problème n’est pas qu’un État ait dit non. C’est que chacun pouvait le faire. Réunis au Coreper, le comité où les ambassadeurs des États membres négocient les textes avant validation par les ministres, les Vingt-Sept ne sont pas parvenus à s’entendre sur ce qui était présenté comme le train de sanctions le plus ambitieux depuis l’invasion de l’Ukraine (Euronews, Conseil de l’UE). Plafond pétrolier, registres maritimes, quotas de pêche et noms contestés avaient été placés dans un même paquet, soumis à l’unanimité par l’article 31 du traité sur l’Union européenne. Chaque gouvernement y a trouvé une ligne rouge à défendre.

Le compte à rebours du plafond pétrolier

Ce blocage a un coût immédiat. Le plafonnement du pétrole russe, qui autorise les assureurs et armateurs occidentaux à traiter du brut russe uniquement s’il est vendu sous un certain prix, devait être recalculé automatiquement le 15 juillet. Le mécanisme est simple : la hausse des cours mondiaux faisait remonter la formule de 44,10 dollars le baril vers environ 58 dollars, voire davantage (Euronews, Eurointegration). Plus le plafond est élevé, plus de barils russes peuvent légalement utiliser le transport maritime et l’assurance occidentaux. Pour Moscou, cela signifie davantage de revenus.

Le commissaire à l’énergie, Dan Jorgensen, voulait geler ce plafond au niveau le plus bas jusqu’en janvier 2027. Mais ce gel avait été intégré au paquet plus large. Le paquet étant bloqué, le gel l’était aussi.

Au-delà du pétrole, la Commission proposait d’inscrire 30 pétroliers supplémentaires de la « flotte fantôme », ces navires vieillissants utilisés pour transporter du brut russe hors des circuits d’assurance classiques, d’étendre les interdictions de transaction à 31 banques russes, et de viser des plateformes de cryptoactifs ainsi que des intermédiaires de pays tiers servant à contourner les règles existantes (Baker McKenzie, United24). Selon la Commission, les mesures actuelles couvrent déjà 90 % des anciennes importations de pétrole russe et 70 % des actifs du système bancaire russe (Commission européenne, sanctions énergétiques, Commission européenne, mesures financières). Le 21e paquet devait surtout resserrer l’étau dans les interstices.

Trois pays, trois blocages

La règle de l’unanimité donne à chaque capitale le pouvoir de retenir l’ensemble du texte tant que son intérêt particulier n’est pas traité. Trois cas résument le mécanisme.

La Grèce, Chypre et Malte ont résisté au gel du plafond pétrolier parce qu’il touche directement leurs industries maritimes, qui tirent des revenus du transport de brut russe et de gaz naturel liquéfié (Upday). Un plafond plus bas signifie moins de cargaisons qu’elles peuvent légalement transporter. La Bulgarie s’est opposée à des sanctions visant Vagit Alekperov, milliardaire lié à Lukoil, en avertissant que ces mesures pourraient menacer la raffinerie de Burgas, qui approvisionne les Balkans en carburant (Il Foglio). En Slovaquie, Robert Fico a menacé de bloquer le texte au nom du coût énergétique pour une économie encore dépendante du gaz russe acheminé par gazoduc (Noviny.sk).

Aucun gouvernement n’a, seul, fait tomber le paquet. Mais le système a donné le même pouvoir de blocage à toutes les réserves. Elles se sont additionnées.

À qui profite l’attente

Chaque semaine de retard maintient plus ouverts les canaux de revenus russes. Dans son analyse de juin 2026, le CREA relevait que les importations européennes de GNL russe restaient supérieures à leur niveau de juin 2025, que la Hongrie avait importé 591 millions d’euros d’énergies fossiles russes en un seul mois, et que huit cargaisons de produits pétroliers issus de brut russe avaient été déchargées dans des ports de l’UE malgré une interdiction existante (CREA). Les opérateurs de la flotte fantôme et les plateformes de règlement en cryptoactifs gagnent du temps pour réorganiser leurs flux avant que l’application des sanctions ne les rattrape.

En Europe, les bénéficiaires sont des secteurs précis qui évitent, au moins provisoirement, des coûts de conformité ou des pertes d’activité : les armateurs grecs préservent des commissions sur le transit de GNL, les intérêts raffineurs bulgares gardent leur approvisionnement en brut, les importateurs ibériques de poisson conservent l’accès aux prises russes. Les perdants sont moins visibles, ce qui explique en partie pourquoi ils pèsent moins dans l’arbitrage. Les recettes russes restent moins contraintes, prolongeant le financement d’une guerre que les sanctions sont censées rendre plus difficile à mener. La crédibilité européenne s’érode aussi chaque fois qu’un paquet destiné à renforcer l’application des règles se retrouve suspendu à une raffinerie, à un registre maritime ou à un gazoduc.

Les sanctions européennes mordent parce qu’elles s’appliquent à un marché juridique unique : les mêmes règles lient en même temps les banques luxembourgeoises, les pétroliers grecs, les douanes polonaises et les consulats français. Mais l’Union ne peut faire mal à la Russie que si les 27 gouvernements acceptent d’en payer une partie du prix chez eux. Pour l’instant, plusieurs refusent.

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7/13/2026, 2:17:23 AM
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