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EU_PUBLIC_AFFAIRS05 / 05 · histoire du jour3 min · 905 mots · 25 sources

Europol signale 4 340 liens sans pouvoir les supprimer

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Écrit par IAto brief AI · 25 juillet 2026, 02:50
Comment elle a été écrite

The thousands of referrals form a connection that dissolves before it can be enforced.

Composition d image · tobrief
le texte · 3 min de lecture

Neuf pays européens ont transmis à Europol environ 4 340 URL liées à des contenus extrémistes violents du réseau The Com. Mais rien ne prouve publiquement que ces liens aient été supprimés : l’opération révèle surtout les limites de l’application du droit numérique européen.

L’affaire tient dans un chiffre, mais ce chiffre dit moins qu’il n’y paraît. L’opération coordonnée par Europol contre le réseau The Com, annoncée cette semaine, a donné une formule commode : des milliers de contenus dangereux auraient été perturbés. Le dossier public ne permet pas d’aller jusque-là. Les 4 340 URL correspondent à des liens signalés en vue d’un retrait, non à des contenus dont la suppression aurait été confirmée. Aucune source n’indique quelles plateformes ont reçu ces signalements, combien ont obtempéré, ni dans quels délais (SC World, Iefimerida).

Cette différence résume une faiblesse structurelle de l’action européenne en ligne : Bruxelles et ses agences peuvent organiser la pression, mais l’exécution reste fragmentée entre États, plateformes et procédures nationales.

Europol peut signaler. Elle ne peut pas ordonner.

Europol est une agence de coordination. Elle met les enquêteurs autour de la table, consolide des listes de cibles et produit de l’analyse criminelle. Elle ne dispose pas, en propre, du pouvoir d’imposer à une plateforme la suppression d’un contenu. Dans cette opération, son unité européenne de signalement des contenus sur Internet a travaillé avec le CITCO espagnol, le centre de renseignement contre le terrorisme et la criminalité organisée, pour rassembler les URL remontées par les polices de Belgique, de Finlande, de Hongrie, d’Irlande, du Luxembourg, des Pays-Bas, du Portugal, d’Espagne et de Suède, les dédupliquer, puis transmettre une liste consolidée (Il Metropolitano, Origo).

Le mécanisme juridique est donc décisif. Europol peut alerter ; les autorités nationales peuvent, selon les cas, contraindre. Lorsqu’un contenu relève du terrorisme, les États peuvent exiger son retrait dans l’heure au titre du règlement européen sur les contenus à caractère terroriste en ligne (règlement TCO). Lorsqu’il s’agit d’exploitation sexuelle d’enfants ou d’incitation à la violence, le droit pénal national prend le relais. Le règlement sur les services numériques organise, lui, les systèmes de notification et d’action pour les plateformes opérant dans l’Union (DSA). Mais, dans ce dossier, rien ne dit quelle base juridique a été utilisée pour quelles URL, ni même si des injonctions contraignantes ont été émises.

The Com n’est ni un site unique ni une organisation structurée. C’est un écosystème en ligne diffus, où la violence, la coercition et l’humiliation fonctionnent comme des marqueurs de statut. L’enquête du Guardian sur le réseau 764, l’une de ses branches, décrit une « gamification of harm », une mise en jeu de la nuisance, dans laquelle le chantage, les abus visant des mineurs et les instructions violentes deviennent des signes de reconnaissance (The Guardian). Dans son rapport 2026 sur la situation et les tendances du terrorisme, Europol classe ce réseau dans l’extrémisme violent nihiliste : les méthodes sont numériques, mais la finalité reste l’exploitation, parfois prolongée par des violences physiques (Europol TE-SAT 2026).

Les contenus signalés incluaient des incitations à l’automutilation et au suicide, des éléments d’exploitation sexuelle d’enfants, des manuels d’explosifs et des consignes de harcèlement. Leur gravité ne fait pas débat. La question est de savoir si l’opération a produit une contrainte effective.

La différence entre un signalement et une saisie

Le cas néerlandais montre le plus clairement l’écart entre coordination et exécution. En parallèle de l’opération de signalement d’Europol, la police de Zeeland-West-Brabant menait une enquête pénale distincte. Le 21 juillet, elle a perquisitionné des sites à Steenbergen, Rotterdam et Amsterdam, puis saisi des serveurs utilisés par le site pornographique Motherless, soupçonné d’héberger des contenus liés à des abus sexuels sur enfants. La police a pris le contrôle d’une infrastructure, pas seulement d’une liste de liens (Politie, NU.nl). Séparément, les autorités néerlandaises ont rendu public un dossier pénal lié à 764/The Com, avec un suspect maintenu en détention, ce qui confirme que la police poursuit aussi des personnes, au-delà des simples notifications aux plateformes (Politie).

Cette différence compte à l’échelle européenne, car les capacités d’exécution ne sont pas homogènes. Certains pays participants ont des enquêteurs identifiés et des procédures actives. D’autres apparaissent dans le communiqué d’Europol sans suivi national visible. Les perdants de cette asymétrie sont d’abord les enfants et les victimes pris dans ces réseaux, puis les forces de police les moins dotées, et enfin le public, incapable de voir où la puissance répressive européenne mord réellement.

Le chiffre manquant des suppressions

Une étude publiée dans Cambridge European Law Open souligne que l’Union européenne s’appuie de plus en plus sur les plateformes pour faire appliquer ses règles, ce qui pose des questions de droits fondamentaux lorsque des acteurs privés accomplissent, de fait, une mission d’autorité publique. Ici, la critique la plus forte tient à l’opacité. Les contenus signalés sont graves. Ce qu’il faut établir, c’est si l’opération a produit des résultats mesurables ou seulement un communiqué.

La valeur réelle d’Europol se situe dans la friction qu’elle impose : forcer un réseau décentralisé à se réorganiser, observer ses migrations après les signalements, produire des pistes d’enquête. C’est utile. Mais Europol, les pays participants et les plateformes destinataires des 4 340 signalements doivent rendre un compte minimal : combien d’URL ont été retirées, sur quel fondement juridique, et ce qu’il est advenu des enfants piégés dans le réseau. Tant que ces chiffres ne sont pas publiés, Europol aura démontré une activité, pas un impact.

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7/25/2026, 1:49:32 AM
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