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EU_ECONOMICS05 / 08 · histoire du jour3 min · 826 mots · 133 sources

Carburants : aides coupées à $97

Écrit par IAto brief AI · 9 juin 2026, 03:50
Comment elle a été écrite

The energy buffer fractures as the continent enters a summer of fiscal withdrawal.

Composition d image · tobrief
le texte · 3 min de lecture

L’Allemagne, l’Espagne et l’Italie retirent presque en même temps leurs aides au carburant, alors que le pétrole dépasse 97 dollars, que la croissance de la zone euro tombe à 0,1 % et que l’inflation remonte à 3,2 %. La BCE devrait encore relever ses taux mercredi.

La zone euro entre dans la séquence la plus inconfortable de la crise énergétique : les États retirent le soutien budgétaire au moment précis où le choc externe se durcit. À la fin juin, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie supprimeront, à quelques jours d’écart, des dispositifs qui amortissaient les prix à la pompe. Ensemble, ces trois économies représentent plus de 40 % du PIB de la zone euro. Dans une conjoncture normale, ce resserrement budgétaire serait absorbable. Il intervient alors que le baril reste au-dessus de 97 dollars après de nouvelles frappes irano-israéliennes (Al Jazeera), que la croissance plafonne à 0,1 % (Eurostat, CNBC) et que l’inflation atteint 3,2 % (Eurostat). Les marchés attribuent désormais une probabilité de 91 % à une nouvelle hausse des taux de la BCE, la banque centrale qui fixe le coût du crédit pour les vingt pays de l’euro.

Le vrai prix d’un baril à 97 dollars

Le Brent à 97 dollars donne une image trop basse de ce que paient réellement les raffineries européennes. Le détroit d’Ormuz, passage étroit entre l’Iran et Oman par où transite environ 20 % du pétrole mondial, est perturbé depuis 100 jours. Les navires contournent désormais l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance, ce qui ajoute dix à quatorze jours de mer. Les primes d’assurance liées au risque de guerre ont bondi de plus de 2 000 % depuis février. Au port européen, le coût livré du brut dépasse donc nettement le prix affiché sur les marchés.

Selon l’Institut Jacques Delors, l’UE a dépensé 46 milliards d’euros supplémentaires en importations d’énergies fossiles depuis la fin février. Les mesures d’aide publiques dans 23 États membres ont ajouté 16 milliards d’euros. Le coût économique total avoisine ainsi 60 milliards d’euros.

Le gaz complique encore l’équation. Les stocks européens ne sont remplis qu’à 40,8 %, alors que l’objectif obligatoire est de 80 % au 1er novembre (AGSI+). Les Pays-Bas, principal hub gazier du nord de l’Europe, ne sont qu’à 16,1 %. Les frappes iraniennes sur le complexe qatari de Ras Laffan ont retiré 17 % de la production de GNL du Qatar pour une durée estimée entre trois et cinq ans. Cette offre ne reviendra pas avant l’hiver.

Trois pays, une semaine, aucune coordination

En Allemagne, la baisse de taxe d’environ 17 centimes par litre prendra fin le 30 juin. L’essence coûte aujourd’hui en moyenne 1,92 euro et passerait autour de 2,09 euros du jour au lendemain. En Espagne, la TVA réduite sur les carburants, ramenée de 21 % à 10 %, expire le même jour ; sans prolongation, l’essence augmenterait d’environ 29 centimes par litre. L’Italie, elle, a déjà divisé par deux son aide sur le diesel le 6 juin, poussant le gazole au-dessus de 2 euros.

Aucun mécanisme européen ne coordonne ces extinctions. La flexibilité budgétaire accordée par la Commission le 3 juin, jusqu’à 0,3 % du PIB par an, ne couvre que les investissements énergétiques structurels, comme les renouvelables et les réseaux. Elle exclut les baisses de taxes sur les carburants. Les gouvernements se retrouvent donc enfermés dans une mécanique simple : retirer les aides renchérit immédiatement les prix, ce qui renforce l’argument d’une BCE plus restrictive, laquelle accroît à son tour la pression sur les ménages.

Qui paie le choc

La hausse attendue mercredi porterait le taux de dépôt de la BCE à 2,25 %. Ce taux, rémunéré par la banque centrale sur les dépôts au jour le jour des banques commerciales, sert de point d’ancrage à l’ensemble du crédit. Le problème est qu’un seul taux s’applique à vingt économies très différentes. L’inflation allemande est à 2,7 %. En Grèce, elle a atteint 5,4 % en avril, avec des prix de l’énergie en hausse de 20,2 % sur un an. La Bulgarie, économie la plus intensive en énergie de l’UE, consomme trois fois plus d’énergie par unité de PIB que la moyenne de la zone euro. Son inflation a atteint 7 %.

Le pouvoir d’achat réel recule là où le choc est le plus difficile à absorber. En Italie, les salaires ont progressé de 2,1 %, mais les prix de 2,9 % : les travailleurs gagnent davantage en euros courants, mais achètent moins chaque mois. Rabobank estime que l’essence aux Pays-Bas pourrait atteindre 2,82 euros par litre d’ici la fin de l’été si le brut continue de monter. La même prévision voit le gaz hivernal culminer à 76 euros le mégawattheure, soit environ le double des niveaux actuels.

Les stocks de gaz doivent presque doubler en moins de cinq mois, avant la fermeture de la fenêtre de remplissage en octobre. Le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, l’a résumé le 5 juin : « Même si la guerre se terminait aujourd’hui, beaucoup de dégâts ont déjà été causés aux infrastructures énergétiques et aux chaînes d’approvisionnement mondiales. » Les aides, elles, expirent malgré tout. L’hiver est dans cinq mois, et le principal coussin gazier de l’Europe reste à moitié vide.

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