Skip to main content
EU_PUBLIC_AFFAIRS04 / 08 · histoire du jour3 min · 910 mots · 146 sources

L’Allemagne maintient ses contrôles frontaliers

Écrit par IAto brief AI · 5 juin 2026, 03:50
Comment elle a été écrite

National governments cement temporary border checks into the permanent architecture of Europe.

Composition d image · tobrief
le texte · 3 min de lecture

La Commission demande à neuf États de lever leurs contrôles aux frontières intérieures de Schengen. Berlin refuse, Paris se tait, La Haye ajuste. Derrière le bras de fer, une règle européenne devenue facultative faute de sanction.

Schengen ne disparaît pas par décision formelle. Il se vide par exceptions reconduites. Le 2 juin, la Commission européenne a demandé à neuf pays de commencer à démonter leurs contrôles aux frontières intérieures. La même semaine, le ministre allemand de l’intérieur a refusé. Ces avis sont obligatoires après douze mois de contrôles continus, mais ils ne lient juridiquement personne (EU Law Live, Brussels Signal). La grande zone européenne de libre circulation fonctionne désormais sur l’obéissance volontaire. Et les volontaires manquent.

L’exception permanente

Les neuf États concernés — Allemagne, Autriche, Danemark, France, Italie, Norvège, Pays-Bas, Slovénie et Suède — maintiennent tous des contrôles bien au-delà de ce que Schengen prévoyait comme limite d’urgence. L’Allemagne, la France et l’Autriche en conservent sous une forme ou une autre depuis 2015, en changeant de justification à chaque expiration de notification : migration, terrorisme, criminalité transfrontalière. La réforme de 2024 du Code frontières Schengen, le texte qui fixe les cas où ces contrôles sont autorisés, devait imposer un plafond clair. En pratique, elle a porté la durée maximale légale de six mois à trois ans, en contournant un arrêt de 2022 de la Cour de justice de l’Union européenne qui jugeait illégaux les contrôles prolongés (European Sting).

La Commission n’a jamais engagé de procédure d’infraction, son instrument formel pour contraindre un État membre à respecter le droit européen, contre un pays ayant dépassé la durée autorisée de contrôles. Des chercheurs de Cambridge y voient une « sous-application » systématique du droit, dictée par la peur politique. Sanctionner Berlin ou Paris sur les frontières nourrirait le récit selon lequel Bruxelles empêcherait les États de se protéger (Euronews).

Trois formes de défi

Alexander Dobrindt, le ministre allemand de l’intérieur, a donné le ton lors de la réunion des ministres européens de l’intérieur à Luxembourg, le 4 juin. Les contrôles seraient « développés de manière flexible », a-t-il dit, pas supprimés. Ses deux conditions pour les reconsidérer — une frontière extérieure de l’Union « nettement améliorée » et la preuve que les nouvelles règles d’asile fonctionnent vraiment — sont volontairement impossibles à mesurer (Tagesschau, Spiegel). L’Autrichien Gerhard Karner a choisi une voie plus discrète : déplacer les contrôles de la frontière elle-même vers le « Hinterland », avec des patrouilles mobiles à l’intérieur du territoire. Moins visible, mais pas moins contraignant. La France, elle, n’a donné aucune réponse publique.

Seuls les Pays-Bas ont signalé un vrai changement. Le ministre de l’asile, Bart van den Brink, a annoncé en mai qu’après septembre les postes fixes seraient remplacés par une surveillance mobile de la Royal Marechaussee, la police militaire néerlandaise, fondée sur des profils de renseignement plutôt que sur des contrôles indifférenciés (Rijksoverheid). C’est l’approche qui se rapproche le plus de ce que recommande la Commission.

Les perdants se trouvent surtout dans les régions frontalières. En avril, un tribunal allemand de Coblence a jugé que les contrôles à la frontière luxembourgeoise violaient le Code frontières Schengen, faute de menace crédible pour les justifier (Ground News). Selon les Jeunes Européens fédéralistes du Luxembourg, quelque 223 000 travailleurs frontaliers franchissent chaque jour cette frontière, avec des retards pouvant atteindre 45 minutes aux heures de pointe (Chronicle.lu). L’Allemagne a fait appel et maintenu les contrôles.

Le pacte qui n’est pas prêt

La Commission a calé ses avis sur l’entrée en vigueur, le 12 juin, du Pacte européen sur la migration et l’asile, une vaste refonte des procédures d’asile, du filtrage aux frontières et du partage de la charge entre États. Politiquement, Bruxelles soutient que cette nouvelle architecture rend les contrôles intérieurs inutiles. Mais cette architecture existe à peine. Début mai, seuls 11 des 27 États membres disposaient de connexions opérationnelles à la base biométrique Eurodac réformée (EUObserver). Onze États n’avaient toujours pas d’installations suffisantes pour le filtrage aux frontières. La Hongrie n’a même pas demandé les fonds de mise en œuvre qui lui ont été attribués (ETIAS).

Le résultat est un blocage dont personne ne peut sortir proprement. Dobrindt affirme que les contrôles intérieurs restent nécessaires parce que les frontières extérieures ne sont pas assez sûres. La Commission répond que le Pacte doit précisément corriger cette faiblesse. Mais les lacunes opérationnelles du Pacte entretiennent les mouvements secondaires de migrants que l’Allemagne invoque pour justifier ses contrôles. Les deux camps ont techniquement raison, et aucun ne peut démontrer que l’autre a tort. Donc les contrôles restent.

La position polonaise résume l’absurdité du moment. Varsovie a demandé à la Commission d’agir plus fermement contre Berlin lors de la même réunion ministérielle où Dobrindt rejetait la demande européenne. La Pologne maintient pourtant ses propres contrôles Schengen aux frontières allemande et lituanienne, et elle a suspendu sept fois le droit de demander l’asile à la frontière biélorusse. La Commission l’a exclue de ses neuf avis, sans explication publique.

Faute d’action de la Commission, les juridictions nationales, à Coblence et Munich, occupent l’espace laissé vide : elles jugent certains contrôles illégaux et font le travail que Bruxelles évite. Reste à savoir si cette pression judiciaire fragmentée forcera un règlement politique, ou si les exceptions « temporaires » de Schengen deviendront simplement son architecture permanente. La réponse dépend d’un geste que la Commission repousse depuis onze ans : appliquer ses propres règles.

How was this article?

Help us get better

Details about this article
Model:
claude-opus-4-6
Generated:
6/5/2026, 3:07:26 AM
Pipeline run:
eu_pipeline_20260605_015006
Watermark:
SynthID (Google's invisible watermark)
Human review:
None before publication
Learn more about our methodology