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EU_PUBLIC_AFFAIRS04 / 17 · histoire du jour3 min · 800 mots · 50 sources

Athènes bloque les sanctions russes

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Écrit par IAto brief AI · 19 juillet 2026, 02:50
Comment elle a été écrite

The fleet goes dark, leaving only the friction of its passage.

Composition d image · tobrief
le texte · 3 min de lecture

Entre le 30 juin et le 11 juillet, le trafic visible en mer d’Azov a chuté de 55 %. Les frappes ukrainiennes perturbent la logistique russe vers la Crimée, mais le 21e paquet de sanctions de l’UE reste bloqué par la Grèce, exposée dans le transport pétrolier et le GNL.

Le signal le plus solide ne vient pas des communiqués ukrainiens, mais du comportement russe. Quand le nombre de navires transmettant leur position en mer d’Azov baisse de 55 % entre le 30 juin et le 11 juillet (NV.ua/ISW, Adevărul), quand Moscou ferme temporairement le détroit de Kertch et le canal Don-Azov aux demandes de navigation (Berlingske), puis prépare des itinéraires terrestres de substitution pour ses exportations agricoles (Al Jazeera), c’est que la campagne ukrainienne produit des effets.

Depuis deux semaines, Kyiv cherche à gripper la chaîne qui fait circuler carburant, cargaisons et approvisionnements vers la Crimée occupée et le front sud. L’ironie politique est nette : l’Ukraine bombarde précisément le réseau maritime et énergétique que l’Union européenne affirme vouloir asphyxier par le droit. Mais, à Bruxelles, les sanctions avancent moins vite que les drones.

Ce que vise l’Ukraine

L’Ukraine ne poursuit pas des navires isolés pour l’effet d’annonce. Elle attaque l’écosystème qui permet à ces navires d’être utiles : dépôts de carburant, raffineries, pétroliers, ferries, remorqueurs et caboteurs qui transforment le brut en diesel, puis l’acheminent là où l’armée russe en a besoin. La presse allemande a décrit une pression simultanée sur le raffinage, le stockage et le transport maritime en direction de la Crimée (tagesschau, Deutschlandfunk).

Kyiv n’a pas besoin de couler chaque bâtiment. Si la Russie doit détourner ses cargaisons, disperser ses stocks de carburant, fermer des voies d’eau et basculer vers des routes terrestres plus longues, le coût du maintien du front sud augmente mécaniquement (t-online). C’est une guerre d’usure appliquée à la logistique : non pas détruire tout le système, mais le rendre plus lent, plus cher et moins prévisible.

Kyiv affirme avoir touché plus de 100 navires en environ neuf jours. Des médias danois et chypriotes ont repris ces chiffres en rappelant qu’ils proviennent de la partie ukrainienne et n’ont pas été vérifiés de manière indépendante (Politiken, Euronews Greek). Le faisceau le plus probant reste donc indirect : navires qui disparaissent des systèmes de suivi, canaux fermés, plans de contournement annoncés publiquement.

La Grèce bloque ce que l’Ukraine bombarde

L’Ukraine frappe les navires et les sites de carburant. L’UE tente, elle, de rendre ce même réseau plus difficile à assurer, à financer et à maintenir. Le 15 juillet, les ambassadeurs des États membres réunis au Coreper, le comité qui prépare les décisions du Conseil, ne sont pas parvenus à s’accorder sur le 21e paquet de sanctions, censé durcir les règles visant les navires de la flotte fantôme et le transport de GNL (Handelsblatt, Baird Maritime).

Les sanctions de politique étrangère de l’UE exigent l’unanimité au titre de l’article 29 du traité sur l’Union européenne, qui encadre la politique étrangère et de sécurité commune. En clair, un seul État membre peut bloquer ou vider un paquet de sa substance (Article 29 TUE). La Grèce a utilisé ce levier.

Athènes soutient que le paquet nuirait à la compétitivité européenne. L’argument est moins abstrait qu’il n’y paraît : des navires appartenant à des intérêts grecs auraient transporté environ 15 % des exportations russes de brut en mai 2026, générant au moins 4 milliards de dollars sur trois ans dans le cadre légal du plafonnement des prix (Newsit/Reuters, FinanceNews). La Grèce s’est aussi opposée aux restrictions sur le transport de GNL russe vers des pays tiers. Derrière la « compétitivité », il y a des intérêts identifiables, dont Dynagas, dont la flotte de méthaniers arctiques spécialisés est conçue pour la route du projet Yamal LNG (Euronews Greece).

La contradiction commerciale et politique

La Roumanie montre comment les deux logiques se heurtent. Les frappes ukrainiennes dégradent les lignes d’approvisionnement russes, ce qui sert directement la sécurité du flanc est de l’OTAN. Mais le 5 juin, un drone maritime ukrainien a explosé dans le port roumain de Constanta, après que Kyiv a signalé avoir perdu le contrôle de quatre drones, probablement sous l’effet de la guerre électronique russe (Adevărul). La proximité de la guerre crée des risques physiques ; la réponse réglementaire, elle, dépend encore de l’inscription effective d’un navire sur une liste de sanctions.

Le constat est difficile à esquiver : l’unanimité européenne protège aujourd’hui une exposition commerciale située dans le même système maritime que l’Ukraine tente de perturber, du moins lorsque les objections grecques portent sur le transport maritime et le GNL. Tant que le 21e paquet n’est pas adopté, les instruments juridiques européens censés renchérir la logistique russe restent gelés. Sur le terrain, les moyens ukrainiens continuent, eux, de fonctionner.

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7/19/2026, 2:17:11 AM
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