Skip to main content
EU_ECONOMICS02 / 05 · histoire du jour3 min · 766 mots · 29 sources

Athènes revoit les rendements du câble chypriote

Écrit par IAto brief AI · 23 août 2026, 02:50
Comment elle a été écrite

Electricity users become the cable’s strongest financial insulation.

Composition d image · tobrief
le texte · 3 min de lecture

Le régulateur grec de l’énergie consulte jusqu’au 11 septembre sur la rémunération du Great Sea Interconnector. En abaissant la part théorique de dette du projet, Athènes veut rassurer les banques, au risque de renchérir la facture pour les consommateurs grecs et chypriotes.

La mécanique paraît aride. Elle touche pourtant au cœur du projet : qui paiera, et à quel prix, le câble électrique sous-marin censé relier Chypre à la Grèce.

Ce que change le gearing, et pourquoi cela compte sur les factures

La consultation ouverte le 21 août par la RAAEY, le régulateur grec de l’énergie et de l’eau, porte sur la formule de revenus applicable à la part grecque du câble (iEnergeia). Les réponses sont attendues avant le 11 septembre. Le Great Sea Interconnector est une liaison électrique sous-marine de 1 208 km et 1 000 MW qui mettrait fin à l’isolement électrique de Chypre, dernier État membre de l’Union européenne dans ce cas (Commission européenne).

Le paramètre décisif s’appelle le gearing : la part de dette que le régulateur suppose dans le financement d’un projet. Il sert à calculer le coût moyen pondéré du capital, ou WACC, c’est-à-dire le rendement autorisé qui fixe le plafond annuel de revenus que l’opérateur peut récupérer via les tarifs de réseau payés sur les factures d’électricité.

ADMIE, le gestionnaire grec du réseau électrique, veut fixer ce gearing à 50-60 % pendant la construction, puis à 40-50 % durant les années où l’actif sera progressivement amorti. La formule existante supposerait 60-80 % de dette, un niveau supérieur aux 45-60 % retenus pour l’activité ordinaire d’ADMIE sur le réseau grec (Sigmalive). Une dette théorique plus faible implique davantage de fonds propres. Or les fonds propres coûtent plus cher que la dette, car les investisseurs prennent davantage de risque. Le résultat est simple : plus la part de fonds propres reconnue est élevée, plus le rendement autorisé augmente, et plus le projet peut prélever chaque année.

C’est précisément ce flux annuel garanti que les banques examinent avant de signer leurs prêts. Pour ADMIE et son nouvel actionnaire majoritaire Meridiam, qui a acquis 66 % du projet en août, une formule plus favorable aux prêteurs rapproche le bouclage financier (Politis, iEnergeia). Pour les usagers grecs et chypriotes, cela signifie que la part non couverte par la subvention européenne d’environ 657 millions d’euros sera récupérée par les tarifs de réseau (CINEA).

Chypre conteste l’addition

Athènes peut ajuster sa propre formule. Mais l’équilibre économique du câble dépend d’un accord entre les deux rives. Selon le partage actuel des coûts, Chypre assume 63 % des coûts résiduels de la section Grèce-Chypre, malgré une base de consommateurs beaucoup plus étroite (Cyprus Mail).

L’écart entre ce qu’ADMIE déclare avoir dépensé et ce que Nicosie accepte de reconnaître reste considérable. Le régulateur chypriote CERA n’aurait validé qu’environ 82 millions d’euros sur les quelque 251 millions d’euros de dépenses revendiquées par ADMIE à ce stade, soit près de 32 % (Proto Thema). Le gouvernement chypriote a aussi retenu le premier des cinq versements annuels anticipés de 25 millions d’euros qu’il avait promis, en expliquant qu’il ne paierait qu’après l’émission d’un NAVTEX, l’avis maritime autorisant les études du fond marin, et la reprise effective des travaux (Philenews). Aucun avis de ce type n’a été confirmé publiquement (Cyprus Mail).

Qui gagne, qui reste exposé

Si le câble est construit dans les délais, Chypre est le principal bénéficiaire. Son raccordement à un réseau plus vaste renforcerait sa sécurité d’approvisionnement et lui ouvrirait l’accès à une électricité potentiellement moins chère. ADMIE et Meridiam obtiendraient, eux, un actif régulé de très longue durée. La Grèce consoliderait son rôle de pont électrique stratégique en Méditerranée orientale.

Si les retards s’accumulent et si les coûts validés augmentent, les consommateurs deviennent la garantie ultime. L’ancien président de la CERA, Andreas Poullikkas, a soutenu que les subventions et les revenus de marché devaient être déduits avant toute discussion sur une hausse des factures (Cyprus Mail). Comptablement, l’argument est juste. Mais la Cour des comptes européenne a déjà averti que les projets électriques transfrontaliers subissent fréquemment des retards, ce qui reporte les recettes, accroît les frais de financement et rouvre la question politique du payeur final (Cour des comptes européenne).

La Grèce peut rendre le modèle bancaire plus présentable. Elle ne peut pas faire disparaître par une formule financière le refus chypriote d’accepter la base de coûts. Tant que les deux régulateurs ne s’accordent pas sur ce qui a été dépensé et sur ce qui peut être prélevé, le câble restera plus finançable sur tableur qu’en trésorerie.

How was this article?

Help us get better

Details about this article
Model:
claude-opus-4-6
Generated:
8/23/2026, 1:52:15 AM
Pipeline run:
eu_pipeline_20260823_005006
Watermark:
SynthID (Google's invisible watermark)
Human review:
None before publication
Learn more about our methodology