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EU_PUBLIC_AFFAIRS10 / 18 · histoire du jour3 min · 737 mots · 23 sources

Guterres relance le dossier chypriote

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Écrit par IAto brief AI · 17 juillet 2026, 11:04
Comment elle a été écrite

The diplomatic machinery remains intact, but the divide has become its permanent structure.

Composition d image · tobrief
le texte · 3 min de lecture

António Guterres se rendra à Chypre le 27 juillet pour trois jours de discussions avec les dirigeants chypriote grec et chypriote turc. L’ONU et l’UE réactivent leurs canaux, mais Ankara refuse toujours le cadre fédéral soutenu par les Nations unies.

Lorsque Ban Ki-moon s’était rendu à Chypre en février 2010, les dirigeants chypriote grec et chypriote turc négociaient encore. Seize ans plus tard, les casques bleus de l’ONU patrouillent toujours dans la zone tampon, qui maintient le cessez-le-feu sans donner mandat pour négocier la paix, et le cœur du conflit n’a pas bougé. António Guterres arrivera le 27 juillet pour trois jours de rencontres avec les deux dirigeants communautaires (Sigmalive, Europa Press). La mécanique diplomatique est plus étoffée qu’elle ne l’a été depuis des années. Les blocages, eux, sont les mêmes.

Deux envoyés, un conflit gelé

Guterres agit par les « bons offices » de l’ONU, un canal de médiation qui permet au secrétaire général de réunir les parties sans pouvoir leur imposer un règlement (mission de bons offices de l’ONU). Son envoyée personnelle, María Ángela Holguín, fait la navette entre les deux camps depuis 2025. En mars, une réunion a rassemblé les deux dirigeants chypriotes et les trois puissances garantes, la Grèce, la Turquie et le Royaume-Uni, qui conservent un rôle formel de sécurité au titre du traité de garantie de 1960. Guterres a indiqué que les parties étaient convenues de poursuivre les discussions et de se revoir (déclaration du secrétaire général de l’ONU). C’est peu, mais davantage qu’un simple exercice d’atmosphère.

Bruxelles a ajouté sa propre couche le 13 juillet. La Commission européenne a nommé Raffaele Fitto, l’un de ses membres les plus hauts placés, représentant spécial pour Chypre (Commission européenne). Sa mission consiste à préparer l’application du droit de l’UE après une éventuelle réunification et à canaliser l’aide vers la communauté chypriote turque. Le président Nikos Christodoulides a salué cette nomination comme une montée en gamme politique (Cyprus Mail). Mais Fitto prépare le terrain juridique d’un accord ; il ne négocie pas l’accord lui-même.

Le mur d’Ankara

La formule soutenue par l’ONU reste celle d’une fédération bizonale et bicommunautaire : deux zones géographiquement distinctes, chypriote grecque et chypriote turque, partageant le pouvoir dans un seul État souverain (résolution 1251 du Conseil de sécurité). La Turquie et les dirigeants chypriotes turcs la rejettent. Le ministre turc des affaires étrangères, Hakan Fidan, a dit à Holguín qu’Ankara soutenait une solution à deux États fondée sur l’égalité souveraine (Yeni Şafak). Le ministère turc des affaires étrangères a, de son côté, balayé la nomination de Fitto comme une affaire interne à l’UE, en affirmant que Bruxelles avait perdu sa neutralité en admettant Chypre en 2004 (ministère turc des affaires étrangères).

C’est le même écart qui avait fait échouer la dernière négociation sérieuse. La conférence de Crans-Montana, en 2017, s’est effondrée faute d’accord sur les garanties de sécurité, la présence militaire, le territoire, la gouvernance et les questions de propriété (rapport S/2017/814). Aucune de ces questions n’a été réglée depuis. Le dispositif diplomatique change de forme, mais le désaccord porte toujours sur la nature même de l’État chypriote.

Les leviers que l’UE n’utilise pas

L’Europe dispose d’outils, mais elle a peu d’appétit pour s’en servir. En 2019, le Conseil, où les gouvernements européens prennent leurs décisions collectives, a suspendu les dialogues de haut niveau après des forages turcs illégaux dans les eaux chypriotes (Conseil de l’UE). La modernisation de l’union douanière, que réclame Ankara, est sur la table depuis 2016 sans avoir modifié les termes turcs du règlement (Commission européenne). C’est un levier en théorie. En pratique, les capitales européennes dépendent aussi de la Turquie pour la gestion migratoire, le transit énergétique et la coordination au sein de l’OTAN, et aucune n’a montré qu’elle voulait une confrontation assez coûteuse pour changer le calcul d’Ankara.

La Grèce insiste pour que tout règlement reste compatible avec le droit européen (ministère grec des affaires étrangères). La France soutient le cadre de l’ONU (Le Figaro). La position commune des capitales européennes revient donc à ceci : un règlement doit se faire dans le droit de l’UE, mais pas au prix d’une rupture avec Ankara.

Guterres peut remettre les parties dans une même pièce. Fitto peut préparer la manière dont le droit européen absorberait un accord. Aucun des deux ne peut fabriquer le compromis sur la forme de l’État chypriote qui manquait déjà à Crans-Montana il y a neuf ans. La réponse se trouve à Ankara, et Ankara donne tous les signes d’une position inchangée.

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7/17/2026, 11:09:43 AM
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