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EU_ECONOMICS15 / 18 · histoire du jour3 min · 883 mots · 27 sources

La chimie européenne ferme ses usines

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Écrit par IAto brief AI · 22 juillet 2026, 02:50
Comment elle a été écrite

The industrial arteries of Europe's chemical clusters grow thin as production shifts elsewhere.

Composition d image · tobrief
le texte · 3 min de lecture

Aux Pays-Bas, en Allemagne, en Belgique et dans le sud de l’Italie, la chimie européenne perd des capacités sous l’effet combiné de l’énergie chère, du coût du carbone et de la concurrence asiatique. Bruxelles tente de gagner du temps sans affaiblir son principal outil climatique.

À Chemelot, vaste complexe industriel du Limbourg néerlandais, la fermeture de trois des sept usines de Fibrant ne relève pas d’un simple ajustement local. Dans la chimie, une usine ne vit presque jamais seule : elle partage des conduites, de la chaleur, des sous-produits, des flux logistiques et parfois ses clients avec ses voisines. Quand un maillon disparaît, les autres perdent une matière première ou un débouché. C’est tout l’écosystème qui s’affaiblit.

Le même phénomène se lit à Ludwigshafen, à Anvers et dans le sud de l’Italie. À Chemelot, le groupe saoudien Sabic et OCI, lié à l’Égypte, ont vendu des sites. À chaque fois, le mécanisme est le même : l’Europe conserve des compétences industrielles, mais elle voit partir les volumes de base qui les rendent rentables. Les décideurs européens cherchent désormais à réduire cet écart de coûts avant que ces pôles ne se vident durablement.

L’énergie, à la fois facture et matière première

Les usines chimiques ne se contentent pas de consommer de l’énergie. Elles transforment des molécules fossiles en produits : le gaz naturel et les dérivés du pétrole deviennent granulés d’engrais, résines plastiques ou ingrédients pharmaceutiques (AIE). Quand le prix du gaz augmente, la pression frappe donc deux fois : sur la facture d’électricité et sur le coût de l’intrant.

Les producteurs européens paient environ deux fois plus cher leur électricité que leurs concurrents américains, selon une modélisation indépendante du secteur énergétique (Energynews). Dans beaucoup d’industries, cet écart suffirait déjà à rogner les marges. Dans la chimie, il remet en cause la localisation même de la production.

À la mi-juillet 2026, le prix spot du gaz en Allemagne atteignait 57,8 €/MWh, l’électricité livrée le lendemain s’échangeait en moyenne à 113,0 €/MWh, et les quotas carbone du SEQE, le système européen qui oblige les entreprises à acheter des permis pour chaque tonne de CO₂ émise, coûtaient environ 79 € par tonne (BDEW). La plupart des concurrents asiatiques ne supportent ni une facture énergétique comparable, ni un coût du carbone équivalent. La production chimique allemande reste ainsi inférieure de plus de 20 % à sa moyenne de 2021, selon les données de suivi industriel (NZZ).

Les emplois se déplacent plus qu’ils ne disparaissent

À Ludwigshafen, les effectifs de BASF seraient passés de 33 370 salariés fin 2024 à environ 30 000 postes à temps plein. Dans le même temps, le groupe investit 8,7 milliards d’euros dans un nouveau site à Zhanjiang, en Chine (finanzen.net). BASF explique que cet investissement vise aussi à servir la demande asiatique, et pas seulement à fuir les coûts allemands (BASF). Les deux lectures peuvent être vraies. Le résultat, lui, est plus net : moins d’emplois industriels en Europe, davantage de capacités en Asie.

À Brindisi, dans le sud de l’Italie, les syndicats affirment qu’un protocole signé en mars 2025 organise l’arrêt progressif de toute la chimie de base du site Versalis, c’est-à-dire les ingrédients standardisés sur lesquels d’autres industriels construisent leurs propres productions (BrindisiTime). Ils ne contestent pas la transition écologique en tant que telle. Ils demandent des garanties d’emploi et un plan national avant les fermetures.

En Belgique, TotalEnergies prévoit de fermer d’ici 2027 l’un de ses deux vapocraqueurs d’Anvers, ces installations qui cassent des matières premières issues du pétrole pour produire les briques de base des plastiques et de nombreux produits chimiques (chemietechnik.de). Là encore, l’enjeu dépasse le site concerné : quand la chimie de base recule, les secteurs en aval perdent une partie de leur ancrage industriel européen.

Bruxelles tente de desserrer l’étau

Le paquet présenté par la Commission européenne en juillet 2026 propose de ralentir, après 2030, la baisse du plafond d’émissions du SEQE, de prolonger les quotas gratuits qui protègent une partie de l’industrie du coût carbone, et de créer une Banque de décarbonation industrielle de 100 milliards d’euros. Bruxelles estime qu’une électrification à grande échelle pourrait réduire la facture européenne d’importations fossiles de 260 milliards d’euros par an d’ici 2040 (Commission européenne). En Flandre, le gouvernement régional élargit déjà les compensations liées aux coûts carbone indirects dans le prix de l’électricité à davantage de secteurs intensifs en énergie, dont la chimie (vraagenaanbod.be).

Le compromis est délicat. Le SEQE a produit des résultats : les émissions des secteurs couverts ont diminué d’environ moitié depuis 2005, ce qui en fait l’un des rares instruments climatiques européens dont l’efficacité soit documentée (Clean Energy Wire). Mais ralentir la contrainte carbone peut aussi protéger des installations fossiles anciennes, tout en pénalisant les entreprises qui ont déjà investi dans des procédés plus propres (Energy Market Price).

L’Europe cherche à fermer la production sale avant que son remplacement propre soit assez bon marché pour tourner à grande échelle. Le paquet de la Commission achète du temps. Le vrai test économique sera l’usage de ce délai : construire de l’électricité décarbonée moins chère, des réseaux capables de l’acheminer et une filière hydrogène utilisable par l’industrie. Les compensations maintiennent des capacités en vie. Elles ne les rendent pas compétitives.

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7/22/2026, 2:38:11 AM
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