DNS piratés : des certificats au nom de Google

Three altered country-code domains let attackers obtain certificates for names they did not own.
Composition d image · tobriefLe 6 octobre, Google a indiqué que des attaquants avaient exploité des détournements de DNS sous .gh, .sl et .as pour obtenir des certificats reconnus par les navigateurs pour des domaines Google et d’autres organisations. Rien ne montre publiquement qu’ils aient servi contre des internautes.
Le cadenas affiché à côté d’une adresse signifie qu’une autorité de certification, une entreprise reconnue par votre navigateur, a vérifié que le demandeur contrôlait bien ce nom de domaine. Le 6 octobre, Google a déclaré que des attaquants ayant modifié des enregistrements DNS sous trois domaines nationaux — .gh pour le Ghana, .sl pour la Sierra Leone et .as pour les Samoa américaines — avaient obtenu des certificats reconnus par les navigateurs pour plusieurs domaines Google et ceux d’autres organisations (Google). Google affirme que ses propres systèmes n’ont pas été compromis ; aucune preuve publique ne montre que ces certificats aient été utilisés contre des internautes.
La faille se situait en amont des sites web, dans le DNS, le système qui associe les noms de domaine à des adresses. Chaque recherche fonctionne comme une chaîne de renvois. Dans l’exemple fictif acme.gh, la zone .gh indique quels serveurs répondent pour acme.gh, puis ces serveurs fournissent l’adresse du site. Modifier ce renvoi parent suffit à envoyer les demandes concernant acme.gh vers des serveurs choisis par l’attaquant (RFC 1034). Google n’a pas précisé quels enregistrements avaient été modifiés, ni désigné les opérateurs de registre ou les comptes concernés.
Comment un DNS détourné peut faire délivrer un certificat
Avant de délivrer un certificat, l’autorité doit vérifier que le demandeur contrôle le nom de domaine. Une méthode automatisée courante passe par le DNS : l’autorité fournit un nouveau code aléatoire, puis vérifie qu’un enregistrement correspondant est apparu dans le DNS du domaine (RFC 8555). C’est l’équivalent d’une preuve de domicile par la réception d’un courrier à l’adresse concernée.
Un détournement du DNS peut donc permettre d’obtenir un certificat sans accéder aux serveurs du véritable propriétaire. Il existe d’autres méthodes de vérification, notamment des défis reposant sur le web (Let's Encrypt), et Google n’a pas précisé laquelle les attaquants ont réussie.
Google estime que les autorités ayant délivré les certificats n’ont pas commis de faute. Les règles du secteur leur permettent de considérer une vérification réussie comme la preuve que le demandeur contrôle le domaine (CA/Browser Forum). Si le DNS fournit lui-même de fausses indications, une autorité qui respecte la procédure peut délivrer un certificat valide à la mauvaise personne.
Deux protections courantes montrent pourquoi le DNS est si sensible. DNSSEC ajoute des signatures numériques aux réponses, comme un sceau qui révèle toute altération, afin que le résolveur DNS puisse vérifier qu’elles suivent la chaîne d’autorité attendue. Mais la signature ne dit pas si le propriétaire du domaine souhaitait la modification : une réponse publiée par une autorité détournée située en amont resterait donc valide.
Les enregistrements CAA permettent au propriétaire d’indiquer quelles autorités de certification peuvent délivrer des certificats pour ses domaines. Mais cette liste se trouve dans le même DNS : celui qui contrôle les réponses pourrait en principe la réécrire (RFC 8659). Google n’a pas indiqué si l’une ou l’autre de ces protections était en place pour les noms concernés.
Chrome bloque les certificats
Chrome a bloqué les certificats signalés par Google au moyen des CRLSets, une liste de révocation que le navigateur distribue lui-même à ses utilisateurs (Chromium). Google a ensuite consulté Certificate Transparency, des journaux publics où sont consignés les certificats délivrés, à la manière d’un registre foncier accessible à tous (Certificate Transparency). Cette recherche a révélé d’autres cibles, que Google décrit comme de grandes marques internationales sans les nommer.
Google dit avoir contacté les propriétaires qu’il a pu joindre, bloqué leurs certificats dans Chrome et travaillé avec les autorités de certification pour les révoquer dans les autres logiciels. L’entreprise prévient que les mesures prises dans Chrome ne protègent pas de façon fiable les utilisateurs d’autres navigateurs et qu’elle ne peut garantir avoir repéré tous les domaines concernés.
Un certificat, à lui seul, ne redirige aucun internaute. Pour l’exploiter, l’attaquant devrait aussi détourner les connexions vers un serveur qui le présente. Google ne fait état d’aucun faux site, d’aucune session interceptée ni d’identifiants volés ; le récit d’Ars Technica reprend pour l’essentiel les conclusions de Google sans les confirmer de façon indépendante (Ars Technica). Aucune preuve publique ne montre que les certificats aient été utilisés contre des internautes.
L’incident montre que la fiabilité du cadenas dépend aussi de l’autorité DNS située en amont de chaque nom de domaine, y compris les suffixes nationaux moins connus. Google recommande aux propriétaires de surveiller en continu les journaux de Certificate Transparency pour l’ensemble de leurs domaines, y compris ceux qui sont parqués ou régionaux : c’est là qu’un certificat qu’ils n’ont pas demandé apparaîtrait d’abord (Google).
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- 10/7/2026, 1:42:18 AM
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