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EU_ECONOMICS06 / 08 · histoire du jour3 min · 683 mots · 149 sources

L’Italie enterre 40 ans d’interdit nucléaire

Écrit par IAto brief AI · 5 juin 2026, 03:50
Comment elle a été écrite

A modular nuclear promise sits on a pallet, awaiting an infrastructure yet to be built.

Composition d image · tobrief
le texte · 3 min de lecture

La Chambre italienne a voté le 4 juin la relance du nucléaire, enterrant les référendums de 1987 et 2011. Rome vise des petits réacteurs modulaires en 2034, mais la technologie reste commerciale nulle part en Occident, pendant que la France attire déjà les investissements énergivores.

Le vote italien dit moins une renaissance nucléaire qu’un aveu de retard industriel. Par 155 voix contre 86, la chambre basse a rouvert un dossier que deux référendums avaient rendu intouchable pendant près de quarante ans. Le gouvernement de Giorgia Meloni veut faire fonctionner des petits réacteurs modulaires, des centrales compactes conçues pour être assemblées en usine, d’ici à 2034. Mais la France, elle, n’attend pas 2034 : elle utilise déjà son parc nucléaire pour capter les investissements dans l’IA, les centres de données et l’industrie électrifiée.

Douze mois avant les vraies décisions

Ce que le Parlement a approuvé est une legge delega, une loi-cadre qui autorise le gouvernement à rédiger les règles d’application dans un délai de 12 mois (Camera dei Deputati). Aucune technologie de réacteur n’a été retenue. Aucun site n’a été choisi. L’Italie a dissous son autorité de sûreté nucléaire dans les années 1990 et ne l’a pas reconstituée. Le texte doit encore être approuvé par le Sénat avant la pause estivale.

La motivation par les prix est solide. L’électricité italienne coûte plus de 105 €/MWh, presque deux fois les quelque 60 €/MWh payés en France grâce à ses 56 réacteurs en activité (Élysée, Editoriale Domani). Le gouvernement Meloni reconnaît lui-même que l’Italie est « complètement hors marché sur les prix de l’énergie ». Cet écart pèse sur les coûts des usines, les factures des ménages et la capacité du pays à attirer des centres de données, qui exigent une électricité massive, bon marché et stable.

Les petits réacteurs modulaires sont censés répondre à tout cela. Or aucun pays occidental ne produit aujourd’hui d’électricité commerciale avec cette technologie. Le projet occidental le plus avancé, celui de NuScale aux États-Unis, a été annulé en 2023 après un quasi-doublement des coûts. Les grands chantiers nucléaires européens, en France comme au Royaume-Uni, ont régulièrement accumulé des milliards de dépassements budgétaires et près d’une décennie de retard. Dans des environnements réglementaires complexes, construire du nucléaire coûte beaucoup plus cher et prend beaucoup plus de temps que prévu. C’est contre cet historique que Rome parie.

La France transforme ses réacteurs en investissement IA

Le décrochage se joue maintenant, pas en 2034. Au sommet Choose France 2026, SoftBank s’est engagé à investir 45 milliards d’euros dans des centres de données IA dans le nord de la France, alimentés par une électricité nucléaire bon marché et disponible en continu.

Les compétences suivent les infrastructures. Newcleo, start-up nucléaire fondée par le physicien italien Stefano Buono, a quitté l’Italie pour la France, où elle a reçu le soutien de France 2030, le programme français d’investissement industriel. L’Italie exporte ainsi son expertise nucléaire vers le concurrent qui dispose déjà des réacteurs.

Le constat du World Nuclear Report est sec : les projets nucléaires italiens resteront « sans incidence » sur les flux électriques européens au moins jusqu’au milieu des années 2040.

Le pari financier

Le problème énergétique italien est réel. Les usines du pays paient leur électricité près de deux fois plus cher que leurs concurrentes françaises. Réduire la dépendance au gaz importé a donc une logique économique évidente.

Reste à savoir si les petits réacteurs modulaires sont le bon instrument. Le nouveau nucléaire coûte généralement plusieurs fois plus cher par mégawattheure que le solaire ou l’éolien nouvellement installés. Pour un pays qui porte l’une des dettes publiques les plus élevées d’Europe, garantir à grande échelle une technologie encore non prouvée revient à ajouter un pari financier à une stratégie énergétique déjà lourde.

Le vote du 4 juin enterre les référendums de 1987 et 2011. Politiquement, c’est un tournant. Économiquement, cela ne change rien avant au moins une décennie. Les investissements dont l’Italie a besoin, dans l’IA, l’industrie avancée et l’électrification, se décident aujourd’hui dans les pays qui disposent déjà de l’électricité pour les accueillir. L’Italie a voté son retour au nucléaire. Le construire demandera 15 ans d’ingénierie, de régulation et de dépenses qu’aucun vote parlementaire ne peut raccourcir.

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6/5/2026, 3:13:41 AM
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