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EU_ECONOMICS02 / 05 · histoire du jour3 min · 678 mots · 29 sources

Meridiam relance le câble chypriote

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Écrit par IAto brief AI · 6 août 2026, 02:50
Comment elle a été écrite

The cable has an investor, but still no journey to Cyprus.

Composition d image · tobrief
le texte · 3 min de lecture

Meridiam devient majoritaire dans Great Sea Interconnector, le projet de câble électrique entre la Crète et Chypre. L’arrivée du fonds français relance un dossier stratégique pour l’île, mais ne règle pas encore la question centrale : qui financera la construction ?

Chypre reste le seul État membre de l’Union européenne dont le réseau électrique n’est pas relié au reste du continent (Commission européenne). Un câble sous-marin depuis la Crète mettrait fin à cet isolement. Le 5 août, l’investisseur français Meridiam a signé son entrée comme actionnaire majoritaire de Great Sea Interconnector, la société qui porte le projet (Baird Maritime, Proto Thema). Le dossier gagne un sponsor financier crédible. Il n’a toujours pas de budget de construction engagé.

Ce que Meridiam achète — et ce qui manque encore

Meridiam prend une participation supérieure à 50 %. ADMIE, le gestionnaire indépendant du réseau grec, contrôlait le projet depuis sa reprise en octobre 2023 auprès d’une structure de développement antérieure. Il reste partenaire minoritaire, avec deux rôles clés : conduire le travail d’ingénierie pendant la phase de développement, puis exploiter le câble une fois construit (Iefimerida).

Un accord distinct avec Nexans, le fabricant français de câbles, couvre les relevés des fonds marins (Newsit). Ces études servent à confirmer le tracé et les conditions du seabed avant d’engager les travaux lourds. La séquence est donc décisive : ces relevés précèdent la décision finale d’investissement, le moment où les actionnaires s’obligent réellement à financer la construction. L’entrée de Meridiam permet d’avancer jusqu’à cette étape. Elle ne la franchit pas.

Les conditions financières n’ont pas été publiées. Baird Maritime indique qu’aucun détail de l’accord n’a été rendu public (Baird Maritime). Un média grec évoque un investissement de 250 millions d’euros de Meridiam, sans confirmation publique de la part du groupe français (in.gr). La participation exacte, la composition du conseil d’administration et l’engagement en fonds propres restent inconnus.

Une partie de l’argent circule déjà. Comme To Brief l’a déjà indiqué, 251,4 millions d’euros avaient été versés à Nexans et 160 km de câble produits fin 2024, alors même que l’ordre complet de lancement d’un contrat d’environ 1,43 milliard d’euros hors TVA n’avait pas été émis. Nexans négociait aussi une commande relais pour couvrir la période de retard (Capital.gr).

Qui paiera le câble

Le tronçon Crète-Chypre représenterait un budget d’environ 1,9 milliard d’euros (Kathimerini, Commission européenne). Une subvention européenne d’environ 657 millions d’euros, issue du programme de l’UE pour les infrastructures énergétiques transfrontalières, couvre près d’un tiers du coût (EUR-Lex). Il reste donc environ 1,24 milliard d’euros à trouver entre trois sources : les fonds propres des investisseurs, la dette bancaire et les prélèvements ajoutés aux factures d’électricité.

La répartition pèse surtout sur Chypre. La formule agréée attribue 63 % du coût du câble à Chypre et 37 % à la Grèce, tandis que le régulateur chypriote a déjà approuvé 125 millions d’euros de charges sur les factures pendant la phase de construction (Kathimerini). L’urgence n’est pas théorique : Chypre pourrait manquer d’environ 750 MW après 2029, avec le retrait de centrales vieillissantes à Dhekelia et Vasiliko, alors que la planification supposait une mise en service du câble en 2030 (Cyprus Mail).

L’interconnexion ne garantit pas pour autant une baisse des factures. Les investissements de réseau sont récupérés par des charges d’acheminement, fixées par les régulateurs nationaux et répercutées sur les consommateurs. L’Irlande en donne un exemple récent : en 2026, une décision y a ajouté environ 41 euros par an aux factures des ménages pour financer des modernisations du réseau (The Irish Times). Chypre, qui finance une infrastructure proportionnellement plus lourde au regard de la taille de son marché électrique, risque un coût par foyer plus élevé.

La Cour des comptes européenne a déjà relevé que les projets européens de réseaux transfrontaliers accumulent souvent les retards, même lorsque leur justification économique et stratégique est solide (Cour des comptes européenne). Great Sea Interconnector s’inscrit dans ce schéma. Ses promoteurs ont démontré un nouvel élan politique et financier. Ils n’ont pas encore publié les documents qui prouvent que le chantier peut être financé jusqu’au bout.

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8/6/2026, 1:52:13 AM
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