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EU_PUBLIC_AFFAIRS15 / 18 · histoire du jour3 min · 924 mots · 21 sources

Mitsotakis pousse un fonds d’infrastructures

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Écrit par IAto brief AI · 17 juillet 2026, 11:04
Comment elle a été écrite

The infrastructure package occupies the center of a chamber where the budget remains empty.

Composition d image · tobrief
le texte · 3 min de lecture

Kyriakos Mitsotakis préparerait, pour la présidence grecque du Conseil de l’UE, une enveloppe de 60 milliards d’euros consacrée aux réseaux européens. L’enjeu dépasse les infrastructures : il s’agit de trouver une formule acceptable dans la bataille du budget 2028-2034.

Athènes cherche à transformer un mot consensuel, « infrastructures », en compromis budgétaire. Selon Deutschlandfunk, Kyriakos Mitsotakis prépare la présidence grecque du Conseil de l’UE, l’enceinte où les gouvernements nationaux négocient les textes européens, autour d’un paquet de 60 milliards d’euros pour les réseaux et les infrastructures. Le calendrier n’a rien d’anodin : la discussion s’inscrit dans la préparation du prochain budget pluriannuel de l’Union, pour 2028-2034. Friedrich Merz a déjà qualifié la proposition globale de la Commission d’« inabordable », et le cadre financier pluriannuel exige l’unanimité des États membres avant toute allocation de crédits (article 312 du TFUE).

Une présidence tournante ne rédige pas le budget européen. Elle fixe l’ordre du jour, préside les réunions ministérielles, prépare les compromis et décide quels arbitrages seront discutés ensemble ou séparément (présidence du Conseil). Dans une négociation où chaque capitale dispose, en pratique, d’un droit de blocage, cette maîtrise de la séquence compte. Le pari grec consiste à regrouper corridors de transport, interconnexions énergétiques, infrastructures numériques et projets à double usage civil et militaire sous une même bannière : assez sécuritaire pour parler à Varsovie, assez développementale pour rassurer les pays de cohésion, assez économique pour ne pas braquer immédiatement Berlin.

Quand l’argent de la relance s’éteint

Le moment choisi explique l’offensive. La facilité pour la reprise et la résilience, le grand fonds d’investissement européen créé après la pandémie, s’arrête après 2026, sans instrument de remplacement d’ampleur comparable. La Grèce est l’un des pays les plus exposés : les soutiens de ce fonds représentaient environ 16 à 17 % de son PIB, soit un moteur d’investissement appelé à disparaître (EUobserver). Les États qui ont bâti une partie de leur croissance récente sur l’investissement européen risquent donc de perdre leur principal levier au moment même où les demandes nouvelles s’accumulent.

Le prochain cadre financier pluriannuel, le plan de dépenses à sept ans de l’UE, devra absorber la défense, la reconstruction de l’Ukraine et la préparation à l’élargissement, tout en restant sous un plafond que les contributeurs nets, c’est-à-dire les pays qui versent davantage au budget européen qu’ils n’en reçoivent, veulent maintenir serré (page du Conseil sur le CFP). C’est là que se situe l’intérêt politique de l’étiquette « infrastructures ». Elle permet de parler d’investissement sans employer le vocabulaire, plus conflictuel, des transferts.

Le schéma qui manque encore

La faiblesse du projet grec tient à ce qu’il ne dit pas encore comment l’argent circulerait. Athènes veut-elle renforcer le mécanisme pour l’interconnexion en Europe, le programme européen qui finance les projets transfrontaliers de transport, d’énergie et de numérique ? Protéger les enveloppes de cohésion ? Obtenir un nouvel emprunt commun ? Créer un instrument d’investissement post-relance ?

Ces options ne distribuent pas le pouvoir de la même manière. Le mécanisme pour l’interconnexion favorise une sélection de projets transfrontaliers par la Commission. La politique de cohésion protège des enveloppes nationales. L’emprunt commun rallume immédiatement la résistance des États créanciers. Les fonds distribués sur la base de plans nationaux donnent à Bruxelles davantage de contrôle sur les décaissements. Le choix du canal fixe aussi le niveau de blocage possible : de nouvelles ressources propres de l’UE exigeraient une décision séparée du Conseil et une ratification dans chaque parlement national (article 311 du TFUE). Le programme officiel de la présidence grecque n’a pas encore été publié sur le site du Conseil. Pour l’instant, il s’agit d’un positionnement politique, pas d’une architecture budgétaire.

L’alliance dont Athènes a besoin

La Grèce n’est pas isolée. La Pologne veut protéger la politique de cohésion tout en présentant les voies ferrées du flanc oriental, les routes à double usage et les interconnexions énergétiques comme des biens stratégiques européens (MIE, mobilité militaire). Varsovie refuse que les nouvelles dépenses de sécurité se fassent au détriment du développement régional. La Roumanie partage cette logique, mais avec moins de marge : sa dette publique atteint 63,5 % du PIB et le pays est soumis à la procédure européenne pour déficit excessif, qui renforce la surveillance des finances publiques (Commission européenne, ZF). Bucarest veut des subventions européennes pour la connectivité en mer Noire et la mobilité militaire, mais se méfie des dispositifs exigeant un cofinancement national lourd. Pour la Bulgarie, le bénéfice est plus concret : routes, ports et lignes électriques descendant vers la Grèce et l’Égée (RTE-T).

La résistance se jouera surtout à Berlin, La Haye et dans les capitales nordiques. Le gouvernement Merz n’est pas hostile aux infrastructures : l’Allemagne mène elle-même un vaste programme d’investissement domestique. Son refus porte sur le financement par une enveloppe européenne plus importante. Les États conduits par Berlin ont déjà poussé le budget annuel 2027 environ 8 milliards d’euros sous la proposition de la Commission (Zeit), tandis que le chancelier présente ses priorités européennes sous l’angle de la compétitivité plutôt que des transferts (Bundesregierung). Les Pays-Bas et leurs alliés nordiques restent sceptiques face à toute hausse de dépenses, même si les arguments de défense ou de compétitivité peuvent ouvrir des marges de discussion (Occitanie Europe).

La Grèce peut organiser la négociation, pas contraindre les autres à payer. Sa présidence ne pèsera que si Athènes transforme les « réseaux » en mécanisme de financement défendable à la fois par les États de cohésion, qui cherchent de l’investissement, et par les contributeurs nets, qui devront expliquer chez eux pourquoi l’Europe dépense davantage.

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7/17/2026, 11:12:26 AM
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