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EU_PUBLIC_AFFAIRS07 / 18 · histoire du jour3 min · 741 mots · 34 sources

Nausėda veut lever le verrou nucléaire

Écrit par IAto brief AI · 3 juillet 2026, 10:40
Comment elle a été écrite

The legal infrastructure of the Seimas meets the concrete reality of a frontline state.

Composition d image · tobrief
le texte · 3 min de lecture

Le président lituanien veut supprimer l’article 137 de la Constitution, qui interdit les armes de destruction massive et les bases militaires étrangères. L’enjeu immédiat n’est pas l’arrivée d’armes nucléaires, mais la marge juridique de Vilnius face à la Russie et au dispositif de l’OTAN.

La Lituanie ne s’apprête pas à accueillir des bombes nucléaires américaines. Elle veut d’abord retirer de sa Constitution une interdiction qui date d’un autre moment historique : celui de la sortie de l’empire soviétique, quand l’urgence était de faire partir les troupes de Moscou et d’empêcher tout retour sous une autre forme.

L’article 137 de la Constitution lituanienne fait deux choses à la fois : il interdit la présence d’armes de destruction massive sur le territoire national et prohibe les bases militaires étrangères. Le président Gitanas Nausėda veut le supprimer intégralement, et non simplement l’amender. Après avoir réuni les chefs de groupes parlementaires le 2 juillet, il a affirmé que presque tous considéraient cette disposition comme dépassée.

Le mécanisme institutionnel reste lourd. Modifier la Constitution lituanienne exige deux votes séparés au Seimas, le Parlement du pays, chacun à la majorité d’au moins 94 députés sur 141, avec un intervalle minimal de trois mois entre les deux scrutins. La coalition au pouvoir dispose de 75 sièges. Un accord politique de principe entre chefs de groupes ne garantit donc pas la double majorité constitutionnelle.

La clause dont on parle moins

Le débat public se concentre sur l’interdiction nucléaire. Mais l’autre moitié de l’article 137 est tout aussi sensible : l’interdiction des bases militaires étrangères, alors même que la Lituanie accueille déjà d’importantes forces alliées. L’Allemagne prévoit d’y stationner une brigade d’environ 5 000 soldats d’ici à la fin de 2027. De récents exercices de l’OTAN ont aussi fait venir plusieurs milliers de militaires sur le sol lituanien.

La disposition avait été rédigée en 1992 pour garantir le départ des forces soviétiques. Le texte n’a pas changé, mais la pratique stratégique, elle, a basculé : la Lituanie est désormais un État de première ligne de l’OTAN, exposé directement à la pression russe et demandeur d’une présence alliée durable.

Aucune explication juridique publique n’a clairement établi si des déploiements alliés par rotation échappent à la notion de « bases militaires étrangères », ou si la réalité opérationnelle a simplement dépassé le texte constitutionnel. Supprimer l’article 137 lèverait cette ambiguïté. Mais les dirigeants lituaniens n’ont pas démontré publiquement que la rédaction actuelle bloque déjà des opérations concrètes.

Une marge juridique, pas des armes nucléaires

Le ministre de la défense par intérim, Robertas Kaunas, présente la suppression comme un moyen de permettre à la Lituanie de mobiliser l’ensemble des capacités de l’OTAN. Gitanas Nausėda a précisé qu’il n’existait aucun projet immédiat de stockage d’armes nucléaires et que la Lituanie resterait dans le cadre du traité de non-prolifération, qui réserve la possession reconnue de l’arme nucléaire à cinq États (Internazionale/Reuters).

Supprimer une clause constitutionnelle revient à retirer un verrou. Il en resterait plusieurs. Le partage nucléaire de l’OTAN repose sur la garde américaine des armes, des avions à double capacité, des équipages entraînés et une planification au niveau de l’Alliance. Seul un petit nombre d’États d’Europe occidentale accueille aujourd’hui ce type de dispositif.

Déplacer des armes vers l’est supposerait des abris de stockage renforcés, des bases modernisées, une certification américaine des équipages pour manipuler des munitions nucléaires et une chaîne de commandement définissant l’autorisation d’emploi. Ces infrastructures se construisent sur plusieurs années. Aucune décision vérifiée des États-Unis ou de l’OTAN de stationner des armes nucléaires en Lituanie n’a été rendue publique (CNBC).

La Lituanie n’est pas seule

La Finlande a levé sa propre interdiction des armes nucléaires le 17 juin, par un vote parlementaire de 125 voix contre 61. Les responsables finlandais ont insisté sur l’absence de projet de stationnement en temps de paix. Le débat au Parlement a toutefois révélé un désaccord réel : retirer des contraintes juridiques renforce-t-il la dissuasion, ou expose-t-il à des contre-mesures sans produire de capacité militaire utilisable ?

En Pologne, le chef du Bureau de la sécurité nationale a jugé réaliste une entrée dans le partage nucléaire, avec des discussions prévues à Washington. Rzeczpospolita inscrit l’initiative lituanienne dans une demande plus large du flanc oriental : obtenir un statut de dissuasion équivalent à celui des alliés plus à l’ouest.

Mais l’extension du partage nucléaire ne se décide pas seulement par des modifications nationales. Elle relève aussi du Groupe des plans nucléaires de l’OTAN, l’instance où les alliés discutent de la posture nucléaire de l’Alliance. Pour Vilnius, le calcul est clair : un État frontalier de l’OTAN ne veut pas s’interdire constitutionnellement des options avant même qu’une crise n’éclate. La limite l’est tout autant : sans infrastructures, sans avions, sans équipages formés et sans décision américaine de déploiement, l’éligibilité juridique reste un signal politique, pas une capacité militaire.

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7/3/2026, 10:17:55 AM
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