Le déficit roumain recule, août se dégrade

Romania’s budget gap narrows, but its interest bill keeps growing.
Composition d image · tobriefDe janvier à août 2026, le déficit de trésorerie roumain a atteint 59,42 milliards de lei, soit 26,94 milliards de moins qu’un an plus tôt. Le mois d’août s’est toutefois dégradé et les intérêts augmentent, alors qu’un nouveau cabinet cherche une majorité.
Selon les chiffres du ministère des Finances relayés par AGERPRES, l’État roumain a dépensé 59,42 milliards de lei de plus qu’il n’en a perçu entre janvier et août 2026, soit 26,94 milliards de moins qu’un an plus tôt. L’amélioration est réelle. Deux éléments rendent le résultat de fin d’année plus incertain : le déficit d’août dépasse celui d’un an plus tôt et les intérêts augmentent rapidement. Ces tensions pèsent alors qu’un nouveau gouvernement cherche au Parlement les voix nécessaires pour gouverner.
Un déficit de trésorerie mesure l’écart entre les dépenses publiques et les recettes au moment où les paiements sont effectivement réalisés. Rapporté au PIB, il est passé de 4,51 % à 2,89 % (Digi24). Ce ratio peut donner une image trop flatteuse : le PIB est calculé aux prix courants, et l’inflation suffit à le gonfler. Le montant en lei confirme que le déficit a également diminué en valeur absolue.
Des recettes fiscales en hausse, une masse salariale en baisse, l’investissement préservé
La hausse des recettes a largement contribué à l’amélioration. Les recettes de TVA, la taxe sur les ventes, ont progressé de 25,2 % sur un an (Știrile ProTV). Les chiffres publiés ne permettent pas de distinguer la part de la hausse liée aux taux, aux prix, au volume des ventes ou à un meilleur recouvrement. Ils ne disent donc pas encore qui a supporté la charge supplémentaire, ni si les progrès contre la fraude fiscale dureront.
La dépense a aussi contribué à la baisse. La masse salariale totale de l’État a diminué de 4,26 milliards de lei (Știrile ProTV). Ce chiffre agrégé ne permet pas de savoir si la baisse vient d’effectifs moins nombreux ou de rémunérations réduites.
L’État n’a pas réduit le déficit en gelant les chantiers. Les paiements d’investissement sont passés de 71,95 à 97,05 milliards de lei (Digi24). Ces sommes vont aux entreprises titulaires des marchés et à leurs fournisseurs. Elles rendent moins plausible l’idée que l’amélioration sur huit mois résulte simplement de dépenses reportées.
Un mois d’août plus mauvais et une charge d’intérêts qui grimpe
Le total sur huit mois masque un retournement en août. La différence entre les chiffres cumulés des rapports ministériels de juillet et d’août donne un déficit de 11,34 milliards de lei pour le seul mois d’août, contre 9,92 milliards un an plus tôt : le déficit mensuel s’est donc creusé de 1,42 milliard de lei (AGERPRES, Digi24). Un mois difficile est un signal, pas encore une tendance. Le ministère n’a pas publié de ventilation qui permettrait de l’expliquer.
La charge des intérêts est plus difficile à réduire, car une révision budgétaire ne peut l’effacer. Les paiements d’intérêts ont atteint 42,05 milliards de lei en huit mois, en hausse de 26,7 % sur un an (Știrile ProTV). Chaque lei emprunté pour couvrir les déficits passés continue de générer des intérêts. Ces déficits ont porté la dette publique à environ 60,1 % du PIB au premier trimestre (Eurostat). Un déficit plus faible ralentit la progression de la dette, mais ne réduit pas les intérêts déjà dus aux détenteurs d’obligations ; il faut les payer, quitte à faire des économies ailleurs.
Quatre mois, un plafond, toujours pas de majorité
L’objectif pour l’ensemble de l’année est un déficit de trésorerie de 6,2 % du PIB, soit environ 127 à 128 milliards de lei (Spotmedia, Bursa). Selon ces chiffres, les quatre derniers mois peuvent afficher un déficit supérieur à celui des huit premiers tout en respectant l’objectif. Cette marge se réduit chaque mois où le déficit dépasse celui de l’année précédente, comme en août.
Le premier ministre désigné, Siegfried Mureșan, maintient le plafond de 6,2 %, promet de ne pas créer de nouvelles taxes et prévoit une révision budgétaire dans les 30 jours suivant sa prise de fonctions (ZF). Avec des intérêts en hausse et de nouvelles taxes écartées, cette révision devra dégager des marges sur les dépenses et le recouvrement. Elle devra aussi traiter la loi sur les rémunérations publiques, qui a divisé la précédente coalition (To Brief). Mureșan doit d’abord obtenir une majorité : ses soutiens réuniraient environ 170 voix, contre les 233 nécessaires, ce qui donne un rôle décisif aux sociaux-démocrates (Mediafax).
À ce stade, les chiffres montrent que le déficit de trésorerie roumain a diminué sur huit mois, en lei comme en proportion du PIB. La baisse tient à la hausse des recettes fiscales et au recul de la masse salariale, pas à une réduction de l’investissement. Le seul mois d’août ne permet pas de savoir si l’objectif de 6,2 % sera tenu ; les prochains chiffres mensuels le diront. Si septembre se révèle lui aussi plus mauvais qu’un an plus tôt, un gouvernement qui n’a pas encore les voix pour faire adopter une révision budgétaire devra défendre cet objectif.
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- 9/27/2026, 1:44:12 AM
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