La note roumaine tient, le budget cale

Romania’s next budget still waits for a parliamentary majority.
Composition d image · tobriefLe 2 octobre, S&P a maintenu la note de la Roumanie à BBB−, au plus bas de la catégorie investissement, tout en conservant une perspective négative. L’agence mise sur un accord politique qui permettrait de réduire le déficit ; le Parlement vient de rejeter la dernière tentative de former un gouvernement.
La perspective négative de S&P signifie que la note pourrait être abaissée. Un cran plus bas, les obligations de l’État roumain passeraient en catégorie spéculative, ce qui écarterait les investisseurs tenus de détenir des titres de qualité investissement (BURSA). L’agence parie sur la formation d’un gouvernement capable de faire adopter des budgets qui réduiraient encore le déficit en 2027 et 2028. Un blocage prolongé pourrait entraîner une dégradation de la note (News.ro).
Des progrès déjà visibles pour S&P
Le maintien de la note s’appuie sur la baisse du déficit, poursuivie sous un gouvernement intérimaire. Sur les huit premiers mois de l’année, le déficit de caisse — l’écart entre les recettes encaissées et les dépenses payées par l’État — est tombé à 2,89 % du PIB, contre 4,51 % un an plus tôt (Digi24).
Ce chiffre ne couvre qu’une partie de l’année. Pour ses prévisions annuelles, S&P utilise la mesure plus large retenue par les règles budgétaires de l’UE : elle porte sur l’ensemble des administrations publiques et comptabilise les dépenses autrement. L’agence prévoit ainsi un déficit ramené de 7,9 % du PIB en 2025 à 6,25 % cette année, puis à 5,0 % en 2028 (Agerpres, BURSA). La baisse observée sur huit mois est acquise ; les chiffres des prochaines années restent tributaires des budgets à venir.
Le coût de la dette absorbe une partie des économies. De janvier à août, l’État a versé 42,05 milliards de lei d’intérêts, soit 26,7 % de plus qu’un an auparavant (Știrile ProTV). Chaque lei versé aux détenteurs d’obligations ne peut financer ni les écoles, ni les routes, ni les salaires publics. Pour atteindre le même objectif de déficit, il faut donc réduire davantage d’autres dépenses.
Les prêteurs réclamaient déjà un rendement supérieur. Dans les deux semaines précédant la décision, le rendement des obligations à dix ans — le taux annuel exigé par les investisseurs pour prêter à l’État — a atteint son plus haut niveau de 2026, selon Reuters, le 1er octobre (Reuters via Yahoo Finance). Ces taux renchérissent les nouveaux emprunts lorsque l’État refinance sa dette, mais n’expliquent pas la hausse des intérêts payés cette année, qui porte surtout sur des emprunts déjà émis. S&P a annoncé sa décision vendredi soir ; les marchés n’avaient donc pas encore réagi.
Un budget sans majorité
Le Parlement a rejeté le gouvernement de Siegfried Mureșan le 30 septembre : il a obtenu 182 voix, contre les 233 nécessaires (AGERPRES). Les sociaux-démocrates lui ont refusé leur soutien. Leur chef, Sorin Grindeanu, se dit prêt à négocier un gouvernement porteur d’une autre orientation économique (Gândul).
La loi budgétaire roumaine fixe au 15 novembre la date limite pour transmettre au Parlement le projet de budget de l’année suivante (Law 500/2002). Il s’agit de déposer le texte, pas de le faire adopter. Cette échéance dira néanmoins si les partis peuvent réunir une majorité pour voter un budget. Un gouvernement intérimaire peut assurer la continuité de l’État, mais il ne peut faire adopter un nouveau budget sans majorité.
Le blocage a déjà un coût. Ilie Bolojan a déclaré que la Roumanie avait perdu environ 770 millions d’euros de fonds européens de relance, liés à l’enlisement d’une loi sur les rémunérations du secteur public (HotNews).
Qui supportera l’effort budgétaire ?
S&P s’attend à ce que le budget 2027 réduise les dépenses d’investissement et limite les hausses de salaires publics et de pensions (News.ro). Les dépenses d’investissement financent notamment les hôpitaux, les routes et le rail. Leur baisse pèserait sur les entreprises du bâtiment à court terme et retarderait des équipements dont les usagers auraient besoin.
La modération des hausses toucherait directement les ménages. Chaque année, l’État fixe l’augmentation des pensions et des salaires publics, un mécanisme appelé indexation. Si cette hausse reste inférieure à l’inflation, retraités et agents publics perdent du pouvoir d’achat. S’ils sont adoptés, de tels choix leur feraient porter une large part de l’ajustement. Aucun plan n’a encore été voté : le partage de l’effort reste à définir.
S&P a maintenu la Roumanie en catégorie investissement en s’appuyant sur deux éléments : la baisse du déficit déjà réalisée et un accord budgétaire que le Parlement n’a pas encore conclu. Les chiffres annoncés pour les années à venir sont des prévisions, qui dépendent des partis négociant avec le président Nicușor Dan et de leur capacité à s’entendre sur la répartition des prochaines économies. En cas d’échec, l’agence a déjà indiqué le risque : une dégradation de la note, comme le signale sa perspective négative.
Details about this article
- Model:
- claude-opus-5-5
- Generated:
- 10/3/2026, 2:11:10 AM
- Pipeline run:
- eu_pipeline_20261003_005006
- Watermark:
- SynthID (Google's invisible watermark)
- Human review:
- None before publication