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EU_ECONOMICS07 / 07 · histoire du jour3 min · 583 mots · 145 sources

Le plan électrique espagnol rate la panne

Écrit par IAto brief AI · 30 mai 2026, 03:50
Comment elle a été écrite

A multi-billion euro investment in capacity builds a structure that cannot manage the flow.

Composition d image · tobrief
le texte · 3 min de lecture

Bruxelles a validé un mécanisme espagnol à 9 milliards d’euros pour rémunérer des centrales disponibles en pointe. Mais la panne d’avril 2025 venait d’un problème de tension, pas d’un manque de production. Les consommateurs paieront les deux réponses.

La Commission européenne a approuvé la semaine dernière un mécanisme de capacité espagnol : les centrales seront payées pour rester disponibles lorsque la demande atteint ses pics. Madrid avait notifié le dispositif à Bruxelles en décembre 2024, mais la panne d’avril 2025, qui a privé 50 millions de personnes d’électricité, a accéléré le calendrier politique. L’enquête technique a pourtant établi une autre cause : une instabilité de tension. Le réseau a perdu le contrôle des flux, pas les moyens de production disponibles.

Ce que les ingénieurs ont vraiment établi

Quand le réseau espagnol s’est effondré le 28 avril 2025, le pays disposait d’une capacité de production largement suffisante pour couvrir la demande. ENTSO-E, l’organisme qui coordonne les réseaux électriques européens, a consacré 472 pages d’enquête à l’identification de la panne. Des centrales à gaz n’ont pas fourni la puissance réactive, c’est-à-dire le service électrique qui stabilise la tension, alors même qu’elles y étaient contractuellement tenues. Les panneaux solaires, soumis à des règles anciennes, ne pouvaient pas contribuer à cette gestion de la tension malgré leurs capacités techniques.

Aucune des 21 recommandations d’ENTSO-E ne mentionne les mécanismes de capacité. La Clean Air Task Force souligne que ces dispositifs ne ciblent pas les services de contrôle de tension qui ont fait défaut. Le nouveau mécanisme de 9 milliards d’euros garantit seulement l’existence de mégawatts disponibles. Il ne dit rien de la capacité du réseau à les piloter en temps réel.

Qui encaisse, qui paie

Le programme coûtera 900 millions d’euros par an (El País, Concurrences). Il sera répercuté sur les factures d’électricité sous forme de charge réglementée, pour environ 4 centimes d’euro par jour pour un ménage type au tarif standard, selon les estimations du gouvernement. Les producteurs retenus lors d’enchères concurrentielles organisées par Red Eléctrica, le gestionnaire du réseau espagnol, percevront les paiements.

Les grands acteurs installés sont les mieux placés. Iberdrola, Naturgy et Endesa ont dégagé 4,25 milliards d’euros de bénéfices au premier trimestre 2026, en hausse de 27,2 % sur un an, portés en partie par les mesures d’urgence post-panne qui ont privilégié la production au gaz.

L’écart de rémunération sur le service réellement défaillant résume le problème. Les centrales à gaz touchent 100 à 200 euros par unité de service de contrôle de tension fournie, tandis que les renouvelables reçoivent environ 1 euro. Le régulateur espagnol de l’énergie a proposé de doubler ce tarif à 2 euros. Le secteur solaire réclame 50 euros.

L’Espagne n’est pas seule à mal diagnostiquer le problème

Depuis dix ans, plus des deux tiers des 87 milliards d’euros de paiements de capacité en Europe sont allés à des producteurs thermiques, selon Aurora Energy Research. La dépense accélère : à l’échelle de l’Union, elle atteint désormais 6,5 milliards d’euros par an, d’après l’ACER, le régulateur européen de l’énergie, soit 40 % de plus en un an. L’Allemagne prépare son propre mécanisme, dont le coût pourrait atteindre 340 à 435 milliards d’euros d’ici 2050 selon la German New Energy Economy Association. Les prix d’enchères varient de plus de dix fois d’un État membre à l’autre, selon Bruegel, signe que l’urgence politique pèse au moins autant que le diagnostic technique.

Des solutions moins coûteuses et plus ciblées fonctionnent déjà. L’Espagne a modifié en 2025 son code de réseau, le règlement technique qui fixe les conditions de raccordement des centrales, afin de permettre aux renouvelables de participer au contrôle de tension. En avril 2026, 14,5 GW étaient inscrits au programme, dont 6 GW de renouvelables. Les capacités de stockage par batteries ont progressé de 589 % depuis la panne. Le marché a bougé sans subvention de 9 milliards d’euros.

Madrid a corrigé ses règles de réseau pour traiter le problème d’ingénierie. Elle dépense quand même 9 milliards d’euros pour répondre à un problème politique. Les consommateurs paieront les deux.

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5/30/2026, 3:34:07 AM
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