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EU_PUBLIC_AFFAIRS12 / 18 · histoire du jour3 min · 778 mots · 30 sources

Le gaz grec cherche l’Ukraine

Écrit par IAto brief AI · 15 juillet 2026, 02:50
Comment elle a été écrite

The infrastructure is in place, but the flow of energy remains a phantom.

Composition d image · tobrief
le texte · 3 min de lecture

La Grèce, la Bulgarie, la Roumanie et la Moldavie ont assemblé un corridor capable d’acheminer du GNL vers l’Ukraine. Les réservations de capacité existent. Ce qui manque encore, ce sont les contrats prouvant que le gaz remplira les stocks ukrainiens cet hiver.

Le corridor gazier vertical a désormais une réalité technique. Mais, dans l’énergie, un tuyau disponible ne vaut pas livraison : entre la capacité réservée, le prix final du gaz et la décision d’un acheteur de payer plus cher pour éviter les routes liées à la Russie, il reste l’essentiel du risque commercial.

Des tuyaux réservés, des contrats absents

Le mécanisme est simple sur le papier. Le gaz naturel liquéfié arrive dans les terminaux grecs, entre dans le réseau de DESFA, l’opérateur grec du transport gazier, puis traverse la Bulgarie, la Roumanie et la Moldavie avant d’atteindre l’Ukraine (Commission européenne). Chaque pays conserve toutefois son propre réseau, ses tarifs et son régulateur. La plateforme CESEC de la Commission européenne, forum régional consacré aux interconnexions énergétiques en Europe centrale et du Sud-Est, coordonne l’effort ; elle n’achète pas de gaz, ne fixe pas les droits de passage aux frontières et ne peut obliger aucun négociant à expédier des volumes.

Le signal le plus solide vient du point d’interconnexion gréco-bulgare de Sidirokastro. Des traders ont réservé 46 % de la capacité d’exportation disponible pour les années gazières 2026/27 à 2029/30, certaines réservations allant jusqu’à 2040/41 (Logos Press, Euro2day). On ne bloque pas de la capacité transfrontalière sur plusieurs années pour afficher une carte politique. Côté offre, DESFA a traité 18,61 TWh de GNL au premier semestre 2026, tandis que le terminal d’Alexandroupolis a plus que triplé ses volumes sur un an (Powergame).

Tous les éléments vérifiables s’arrêtent pourtant avant la frontière ukrainienne. Les réservations montrent que les négociants veulent garder la possibilité de faire remonter du gaz vers le nord. Selon Model Diplomat, aucun document public n’indique qui a signé des cargaisons destinées à l’Ukraine, à quel prix, ni quels jours les flux seraient effectivement nominés. Transgaz, en Roumanie, annonce 1,5 milliard de mètres cubes par an de capacité bidirectionnelle avec la Bulgarie, mais aucun chiffre comparable n’est disponible pour les sorties moldave ou ukrainienne (BVB/Transgaz).

L’économie de l’hiver reste favorable à la route liée à la Russie

Le calendrier limite déjà la promesse. Les extensions bulgares aux frontières grecque et roumaine sont prévues pour fin 2026 : l’hiver qui vient dépendra donc des tuyaux existants, non des capacités annoncées (Economic.bg). L’élargissement plus général du corridor, d’environ 5 à 9,4 milliards de mètres cubes par an, relève encore d’un engagement de financement, pas d’une capacité utilisable (Jurnalul).

Le coût pèse tout autant, mais de façon moins visible. La route n’est devenue commercialement crédible qu’après la création de produits de réservation groupés, avec tarifs réduits : un trader peut réserver en une seule opération une capacité de la Grèce à la Roumanie, au lieu de négocier séparément trois droits de passage frontaliers (Economica). Si ces rabais disparaissent à l’un des points de passage, les négociants peuvent conserver leurs options sans expédier de gaz.

La Bulgarie fournit déjà l’avertissement. Bulgargaz n’a utilisé qu’environ 23 % de la capacité qu’il avait contractée sur la route turque en 2025, tout en supportant le coût lourd de la capacité inutilisée (Novinite). Payer des tuyaux vides n’est pas une preuve de sécurité énergétique ; c’est le risque même du modèle.

Le GNL du corridor vertical reste aussi en concurrence avec TurkStream, qui transporte du gaz russe via la Turquie vers l’Europe du Sud-Est et évite les coûts de liquéfaction puis de regazéification intégrés à la nouvelle route. Le corridor ne gagne que si les acheteurs acceptent de payer une prime de diversification. La Grèce, la Bulgarie et la Roumanie ont chacune quelque chose à y gagner : statut de hub, revenus de transit, puis levier supplémentaire quand le champ roumain de Neptun Deep commencera à produire autour de 2027 (Economica). La Hongrie et la Slovaquie, en dehors de la route physique, exploitent de leur côté l’anxiété énergétique hivernale pour obtenir des concessions sur les sanctions et l’approvisionnement, signe que les alternatives moins chères liées à la Russie continuent de structurer le rapport de force (Topky).

L’Ukraine obtient donc une option, pas une garantie. La route fonctionne, des négociants ont réservé de l’espace et les gouvernements affichent leur soutien. Il manque encore les preuves de livraison : contrats nominatifs, nominations quotidiennes de flux, prix rendu frontière. Tant que les expéditeurs et les acheteurs ne parlent pas aussi fort que les gouvernements, le corridor vertical pourra acheminer du gaz vers l’Ukraine, sans avoir démontré qu’il le fera.

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7/15/2026, 2:37:18 AM
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