Costa Rica et Paraguay dominent le bilan Atlas Nexus

One international total conceals where the arrests and seizures occurred.
Composition d image · tobriefPrésentée le 21 septembre comme une vaste opération internationale, Atlas Nexus a conduit à plus de 490 arrestations et à la saisie de 156,9 tonnes de drogue dans 34 pays. Le bilan repose toutefois surtout sur deux opérations nationales en Amérique centrale et du Sud.
Derrière l’affichage d’un coup de filet mondial, Atlas Nexus recouvre une série d’enquêtes nationales juridiquement distinctes. L’opération a bien existé, mais rien ne permet d’y voir une descente coordonnée contre une seule organisation. La répartition géographique des résultats montre surtout une activité concentrée loin de l’Europe.
Deux pays fournissent l’essentiel du bilan
Le Costa Rica aurait procédé à environ 375 des 490 arrestations, en saisissant plus de 27,8 tonnes de drogue, 181 armes à feu et 169 propriétés. Les enquêteurs costariciens ont cité un réseau précis, « Pecho de Rata », ainsi qu’un fugitif lié à une route de la cocaïne allant de la Colombie à l’Europe via la côte caraïbe du Costa Rica (La Nación).
Le Paraguay aurait ajouté 104,96 tonnes de cannabis et huit arrestations (DHnet). À eux deux, ces pays représentent l’immense majorité des arrestations et des saisies annoncées.
L’Irlande fournit le résultat européen le mieux documenté. En juin et juillet 2026, la police et les douanes irlandaises ont ciblé de la cocaïne dissimulée dans des cargaisons de bois sud-américain. Environ 24 kilogrammes ont été découverts dans le port de Dublin, à bord d’un conteneur passé par Rotterdam (Garda, TheJournal.ie). Les autorités irlandaises ont précisé qu’au moins une enquête restait ouverte (Garda). Au-delà de l’Irlande, le bilan européen publié s’amenuise rapidement.
Les principaux pays européens du trafic absents du bilan
Les Pays-Bas, l’Espagne, la France, l’Italie et le Portugal disposent tous de ports et de routes qui en font des acteurs évidents du trafic. Pourtant, les communiqués et articles examinés n’attribuent à aucun d’eux d’arrestation ou de saisie dans le cadre d’Atlas Nexus. Rotterdam apparaît comme un point de transit dans l’affaire irlandaise, pas comme le lieu d’une opération néerlandaise (NU.nl). La presse italienne a cité des responsables italiens participant au dispositif de coordination, sans faire état d’une opération menée par la police italienne (ANSA).
Cette absence ne prouve pas que ces pays n’ont rien fait. Des renseignements ont pu être échangés de manière confidentielle. Mais les chiffres annoncés ne s’accompagnent d’aucun décompte par pays. La police fédérale belge a publié le total agrégé, tandis que les autorités nationales détiennent les dossiers correspondants. Il manque donc la donnée essentielle : quel gouvernement a obtenu quel résultat.
La coordination est établie, le démantèlement reste à démontrer
Atlas Nexus a été menée dans le cadre d’EMPACT, le dispositif du Conseil de l’Union européenne destiné à coordonner les États membres contre la criminalité organisée (Council). Europol, Frontex et Interpol ont apporté leur soutien. Aucune de ces organisations ne peut arrêter ou poursuivre elle-même : chaque perquisition, chaque placement en détention et chaque procès relèvent du droit national.
Le bilan costaricien est celui qui documente le mieux un affaiblissement du réseau lui-même : suspects identifiés, itinéraire présumé et propriétés saisies. Le reste ressemble davantage à de l’interception de marchandises, où les stupéfiants sont saisis sans que l’on puisse établir que les organisations qui les acheminent ont été durablement touchées. Comme le documente l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, de grandes saisies peuvent coexister avec une production record et une offre stable (UNODC).
Le volet financier nourrit le même doute. Selon NU.nl, les autorités auraient saisi environ 135 000 dollars en espèces et en cryptomonnaies. Des biens immobiliers, des bijoux et d’autres actifs ont également été confisqués, sans que leur valeur soit publiée. En l’absence d’un bilan exploitable de l’atteinte portée aux finances des réseaux, l’idée d’un démantèlement repose surtout sur le volume des saisies.
La police judiciaire fédérale belge basée à Liège a joué un rôle réel : elle a aidé les autorités nationales à coordonner leurs actions entre plusieurs fuseaux horaires et systèmes juridiques (La Libre). Ce travail compte. Mais qualifier l’opération de « pilotée par la Belgique » devient trompeur si cette formule masque le lieu des perquisitions et le travail accompli pour porter les dossiers devant les tribunaux.
Le bilan publié établit une coordination transfrontalière. Toute affirmation sur le démantèlement de réseaux transatlantiques devra attendre des mises en accusation liées entre elles et des procédures éprouvées par les tribunaux dans ces 34 juridictions.
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- 9/22/2026, 2:16:36 AM
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