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EU_ECONOMICS01 / 05 · histoire du jour3 min · 820 mots · 53 sources

Ukraine : €23.5bn manquent à la défense

Écrit par IAto brief AI · 26 août 2026, 02:50
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Europe approves the weapons while Ukraine waits for them to move.

Composition d image · tobrief
le texte · 3 min de lecture

L’Ukraine a déjà consommé son budget de défense pour 2026. Volodymyr Zelensky chiffre le manque à 27 milliards de dollars, soit environ 23,5 milliards d’euros, alors que les prêts européens arrivent trop lentement pour couvrir les besoins immédiats.

Le problème ukrainien n’est plus seulement de savoir combien l’Europe promet. Il est de savoir quand l’argent devient disponible, sous quelle forme, et pour quel usage.

Des milliards approuvés, des versements retardés

Le 24 août, la Commission européenne a approuvé 6,1 milliards d’euros de nouveaux achats militaires pour l’Ukraine, notamment dans la défense antiaérienne, les munitions et les radars (Commission européenne). Les plans d’achats validés dépassent désormais 22 milliards d’euros. Mais à la fin juillet, seuls 8,35 milliards d’euros avaient effectivement été versés à Kiev (Commission européenne, Brussels Signal).

Le blocage est contractuel. L’Ukraine ne peut pas simplement puiser dans les montants approuvés : elle doit d’abord signer des contrats avec les industriels de l’armement, puis les transmettre à la Commission pour examen. L’argent ne part qu’après cette vérification (Brussels Signal). Le mécanisme protège les fonds européens, mais il crée aussi une file d’attente administrative dans une guerre où les besoins se mesurent en semaines.

Le prêt européen de 90 milliards d’euros, finalisé par le Conseil en avril, se répartit entre 60 milliards d’euros pour les achats d’armes et 30 milliards d’euros d’appui budgétaire sur 2026-2027 (SEAE/Conseil). Cette seconde enveloppe est conditionnée : avant chaque paiement, l’Ukraine doit atteindre des objectifs de réforme sur l’État de droit et la lutte contre la corruption. Les gouvernements européens ont encore durci ces conditions en juillet (European Pravda, Brussels Times).

C’est là que le déficit signalé par Volodymyr Zelensky change de nature. Environ 20 milliards de dollars servent à payer les soldes militaires et les indemnités aux familles de soldats tués. Il faut encore 8 à 10 milliards de dollars pour préfinancer des commandes d’armes qui s’étendent jusqu’au début de 2027 (DW Ukraine, UA News). Des achats militaires approuvés, même massifs, ne paient pas les salaires des soldats.

Avancer l’argent de 2027 vers 2026, une réponse insuffisante

La solution proposée par Volodymyr Zelensky est directe : avancer à cette année une partie de l’enveloppe prévue pour 2027 (présidence ukrainienne). Au 25 août, toutefois, Kiev n’avait pas encore adressé de demande formelle à la Commission. Un porte-parole européen a indiqué que Bruxelles était prête à aider « dans toute la mesure du possible », mais qu’aucune requête officielle n’avait été reçue (Kyiv Independent).

Même si ce versement anticipé avait lieu, il ne ferait que déplacer le calendrier à l’intérieur des 90 milliards d’euros déjà promis. Le conseil scientifique du ministère allemand des finances estime qu’il pourrait encore manquer environ 45 milliards d’euros pour 2026-2027, même en tenant compte de l’ensemble de l’engagement européen (conseil scientifique du ministère allemand des finances). Selon des calculs berlinois rapportés par la FAZ, l’Ukraine pourrait avoir besoin de jusqu’à 70 milliards d’euros par an pour sa défense, tandis que le dispositif européen actuel fournirait environ 30 milliards d’euros par an en achats militaires (FAZ).

Qui paie, qui y gagne

Le prêt européen comporte une règle industrielle : pas plus de 35 % de la valeur des armes financées ne peut provenir de l’extérieur de l’UE, de l’Espace économique européen et de l’Ukraine, sauf dérogation de Bruxelles (Delfi). Neuf ministres européens de la défense ont demandé à la Commission d’assouplir cette limite, afin que Kiev puisse acheter sans délai des systèmes américains Patriot (Euromaidan Press). La France défend la ligne inverse : resserrer les contraintes, au motif que le prêt doit aussi renforcer l’industrie européenne de défense (Euronews).

Le rapport de force est limpide. Les industriels européens de l’armement gagnent un marché protégé, ce qui sert l’objectif français de souveraineté industrielle. L’armée ukrainienne, elle, paie le prix de cette préférence européenne lorsque les équipements les plus urgents sont américains ou disponibles plus vite hors du périmètre autorisé.

Les avoirs russes gelés offrent une marge, mais pas une solution complète. L’UE a transféré 8 milliards d’euros de profits générés par environ 210 milliards d’euros d’actifs de la banque centrale russe immobilisés, dont l’essentiel est conservé chez Euroclear, à Bruxelles (Commission européenne, Council on Foreign Relations). Mais les revenus ne couvrent qu’une fraction du manque. Confisquer le principal, piste que le ministre suédois des affaires étrangères souhaite rouvrir (Euractiv), se heurte au refus belge d’assumer seule le risque d’un remboursement pouvant atteindre 200 milliards d’euros si une juridiction donnait ultérieurement raison à Moscou (Kyiv Independent).

Le prêt de 90 milliards d’euros fonctionne : 11,6 milliards d’euros avaient été décaissés à la fin juillet. Mais les dépenses de guerre de l’Ukraine ont dépassé le rythme de paiement européen, et le solde à couvrir est trop important pour être comblé par des validations d’achats ou par les seuls profits d’actifs russes. Les États membres doivent désormais choisir : remettre de l’argent frais sur la table, ou faire des 90 milliards d’euros le plafond politique de leur soutien.

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8/26/2026, 1:45:33 AM
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