Le réseau ukrainien perd en capacité d’acheminement

Ukraine needs power from abroad, but damaged connections leave delivery uncertain.
Composition d image · tobriefLes frappes russes du 9 octobre ont coupé le courant à Kyiv et dans sept régions. Ukrenergo a suspendu les horaires de délestage là où les coupures d’urgence ont pris le relais. Le ministère ne chiffre pas la baisse de capacité, alors que l’Ukraine dépend des importations européennes cet hiver.
Des importations européennes ne protègent les consommateurs que si le réseau ukrainien peut acheminer le courant jusqu’à eux. Les frappes russes du 9 octobre ont provoqué des coupures à Kyiv et dans sept régions. Ukrenergo, l’entreprise publique qui gère le réseau à haute tension, a suspendu les horaires publiés là où des coupures d’urgence les ont remplacés (Ukrinform). Le ministère de l’Énergie affirme que les dégâts ont temporairement réduit la capacité du système à fournir de l’électricité aux consommateurs, sans préciser de combien (Fakty ICTV). Cette donnée manque à l’approche de l’hiver, alors que l’Ukraine dépend des importations du reste de l’Europe.
Ce que les frappes ont touché
Les coupures ont touché les régions de Tchernihiv, Kharkiv, Donetsk, Zaporijjia, Dnipropetrovsk, Odessa et Kyiv, ainsi que la capitale. Le récit le plus détaillé vient du groupe privé DTEK. Selon l’entreprise, des drones ont frappé deux de ses sites de distribution dans la région de Dnipropetrovsk en moins de dix heures, endommageant des équipements électriques et provoquant un incendie d’huile (DTEK).
Les sites de distribution se trouvent à l’extrémité locale du réseau. Ce sont des postes électriques qui alimentent villes et quartiers, contrairement aux lignes à longue distance qui transportent l’électricité à travers le pays.
Le gouvernement fait état de dégâts plus étendus, sans en préciser la nature. Le Cabinet des ministres a déclaré que plusieurs installations alimentant Kyiv et le centre de l’Ukraine avaient été gravement endommagées ou détruites (Cabinet of Ministers). Aucun responsable n’a identifié les postes touchés, évalué la capacité perdue ou recensé les foyers privés d’électricité.
Le président Volodymyr Zelensky a déclaré que les équipes de réparation travaillaient sans interruption. Il a ajouté que Kyiv avait actualisé auprès de ses partenaires ses demandes d’équipements énergétiques et de défense antiaérienne (Ukrinform).
Pourquoi un réseau endommagé peut plonger des régions dans le noir
Un pays peut produire assez d’électricité au total et laisser malgré tout une région sans courant. Si les postes et les lignes qui acheminent l’électricité vers une ville sont hors service, le courant ne peut plus y parvenir. C’est le problème décrit par le ministère : le système dispose d’électricité à acheminer, mais sa capacité à la distribuer a diminué.
Pour les ménages, cela se traduit par des coupures difficiles à anticiper. Une coupure programmée intervient dans un créneau publié, ce qui permet de recharger son téléphone ou de cuisiner à l’avance. Une coupure d’urgence s’impose dès que l’état du réseau l’exige, sans tenir compte du calendrier. C’est pourquoi Ukrenergo a suspendu les horaires cette semaine.
Le déficit hivernal que les importations doivent combler
Les centrales ukrainiennes ne peuvent pas couvrir la demande hivernale. En janvier 2026, la demande a atteint un pic de 18 GW (gigawatts, soit la puissance que le réseau doit fournir à un instant donné), tandis que les centrales du pays ne pouvaient produire que 11,1 GW (IEA). Les importations, les petits générateurs et le rationnement ont comblé l’écart.
Les importations sont devenues indispensables. En février, l’Ukraine a importé un volume record de 1,266 TWh (térawattheure, une mesure de la quantité totale d’électricité sur une période), selon le régulateur de l’énergie (NEURC). Ce courant arrive par les frontières occidentales, puis doit encore transiter par le réseau ukrainien. Les autorités n’ont pas précisé si les dégâts de cette semaine entravaient ces flux.
Le plan hivernal du gouvernement était soumis à une condition. En août, le ministre de l’Énergie Denys Chmyhal avait déclaré qu’environ 15 GW seraient disponibles au pic de consommation du soir, importations comprises. Il avait fixé un objectif de 19,6 GW au 1er novembre, à condition que les installations réparées ne soient pas frappées de nouveau (Cabinet of Ministers). On ignore si les sites touchés cette semaine figuraient parmi ces installations. Les attaques fragilisent cet objectif, et le ministère n’a pas publié de nouvelle estimation.
Les équipements de remplacement commencent à arriver. Energy Community, organisme international qui gère un fonds d’achat d’équipements pour le réseau ukrainien, indique avoir livré pour 102,5 millions d’euros d’équipements entre juin et septembre. Le calendrier prévoit encore 221,4 millions d’euros de livraisons d’ici à février 2027 (Energy Community). Les équipements livrés doivent encore être installés, et aucun n’a été associé aux sites frappés cette semaine.
Le gouvernement affirme que les frappes ont temporairement réduit la capacité du réseau à acheminer l’électricité, sans chiffrer cette baisse. Le ministère de l’Énergie doit au public une nouvelle estimation de la puissance disponible au pic de consommation du soir. Tant qu’il ne la publiera pas, personne hors du ministère ne pourra mesurer quelle part de l’approvisionnement hivernal de l’Ukraine repose désormais sur ses voisins européens.
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- 10/10/2026, 1:36:34 AM
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