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EU_PUBLIC_AFFAIRS10 / 18 · histoire du jour3 min · 881 mots · 51 sources

Le V4 défie l’austérité allemande

Écrit par IAto brief AI · 24 juin 2026, 03:50
Comment elle a été écrite

A disciplined regional caucus forms to protect its share of the European budget.

Composition d image · tobrief
le texte · 3 min de lecture

Pologne, Tchéquie, Slovaquie et Hongrie relancent le groupe de Visegrad pour peser sur le budget européen 2028-2034. Leur unité ne règle pas leurs divisions sur la Russie, mais elle renforce le front des bénéficiaires de la cohésion face à Berlin.

La résurrection du V4 tient moins du grand retour géopolitique que du calcul budgétaire. Réunis la semaine dernière à Gödöllő, en Hongrie, les dirigeants polonais, tchèque, slovaque et hongrois ont remis en scène un format régional que l’invasion de l’Ukraine par la Russie avait pratiquement vidé de sa substance. Ils ne se sont pas réconciliés sur Moscou. Ils ont simplement identifié le dossier où parler ensemble rapporte : le prochain budget à sept ans de l’Union.

Anciennes dépenses, nouvelles factures, coupes introuvables

Le cadre financier pluriannuel, ou CFP, fixe pour sept ans les plafonds et les grandes catégories de dépenses de l’Union. Le prochain couvrira 2028-2034 et devra être adopté à l’unanimité des 27 États membres, avec l’accord du Parlement européen. En clair, chaque capitale dispose d’un droit de blocage.

Deux masses budgétaires dominent depuis des décennies : la politique de cohésion, qui finance le rattrapage des régions les moins riches, et les aides agricoles de la politique agricole commune. Toutes deux ont des défenseurs solides. Le problème est que de nouvelles dépenses arrivent sur la même enveloppe : défense, soutien de long terme à l’Ukraine, coût des futurs élargissements et remboursement de la dette commune émise pour NextGenerationEU, le plan de relance post-pandémie (ECA, Euronews). Il faudra donc réduire quelque chose, augmenter les ressources, ou emprunter de nouveau. Aucun gouvernement ne veut porter seul cette phrase.

Le chancelier allemand Friedrich Merz mène le camp de la compression. Il rejette un budget proche de 2 000 milliards d’euros et refuse un nouvel emprunt commun européen (FAZ, Zeit). Les Pays-Bas, l’Autriche et la Suède défendent une ligne voisine : plafonner la dépense totale et ne pas rouvrir la voie de la dette commune.

En face, un groupe des Amis de la cohésion, qui réunit quelque seize à dix-sept États dont l’Italie, l’Espagne, le Portugal et les quatre pays du V4, a signé une déclaration demandant que la cohésion et la PAC ne servent pas de variable d’ajustement pour financer les nouvelles priorités (Spanish Foreign Ministry, EUNews).

Un caucus, pas une renaissance

Le sommet de Gödöllő s’inscrit dans cette coalition budgétaire plus large. Lors de la conférence de presse, les quatre dirigeants ont cité la cohésion, la PAC, les prix de l’énergie et la réforme du marché carbone comme priorités communes, et ils ont décidé de reprendre leurs consultations avant chaque Conseil européen (AP/SFGate, Denník N). Le premier ministre slovaque Robert Fico a dit vouloir que le V4 redevienne « très fort ». Le premier ministre tchèque Andrej Babiš a dénoncé une baisse, selon lui inacceptable, de l’allocation promise à la Tchéquie, et lié la coordination du V4 à l’objectif d’obtenir le maximum du budget (ČT24).

Cette coordination existe, mais elle a des limites. Quatre pays agissant ensemble sous la règle de l’unanimité n’obtiennent pas un droit de veto supplémentaire : l’article 312 du TFUE donne déjà ce pouvoir à chaque État membre. Ce qu’ils gagnent, c’est du poids politique. Un caucus centre-européen discipliné renchérit le coût politique d’une coupe dans la cohésion et peut peser sur le texte de compromis avant le sommet décisif. Le premier ministre polonais Donald Tusk a d’ailleurs insisté sur la coopération avec l’Italie et d’autres partenaires au-delà du V4 (PAP). Les médias polonais et tchèques décrivent aussi le groupe comme un sous-ensemble des Amis de la cohésion, non comme un bloc autonome (Business Insider Polska, Aktuálně.cz).

Les sources allemandes confirment cette lecture depuis l’autre camp. Friedrich Merz a reconnu que sa ligne d’économies n’était pas majoritaire parmi les dirigeants européens (n-tv). Berlin traite donc le dossier comme une négociation classique entre contributeurs nets et bénéficiaires, non comme un problème spécifique posé par Visegrad.

Alliés aujourd’hui, concurrents demain

La présidente du conseil italien Giorgia Meloni avait réuni les Amis de la cohésion avant le Conseil européen de juin, l’instance où les chefs d’État et de gouvernement fixent les grandes orientations de l’Union. Son argument était simple : la cohésion et la PAC ne doivent pas subventionner les nouvelles lignes de dépenses (Sky TG24). Sur le budget, Rome a besoin des voix d’Europe centrale et orientale pour résister aux coupes voulues par les pays frugaux.

La suite sera moins confortable. La presse italienne souligne déjà qu’un élargissement vers l’Est, en particulier l’adhésion de l’Ukraine, pourrait déplacer une partie des fonds agricoles et de cohésion vers de nouveaux membres, au détriment des bénéficiaires actuels du Sud (Quotidiano Nazionale). Les pays qui défendent aujourd’hui les fonds européens sont alignés contre les coupes. Ils deviendront concurrents une fois l’enveloppe fixée et les montants répartis.

Aucun document public du V4 n’est sorti de Gödöllő avec des demandes budgétaires chiffrées ou des lignes rouges précises (Telex). Les tableaux d’allocation par pays pour le CFP 2028-2034 n’existent pas encore ; les affirmations actuelles sur les gagnants et les perdants relèvent donc encore de la négociation. La conférence de presse a montré la partie facile : s’accorder pour que quelqu’un d’autre paie. Le vrai test viendra lorsque la Commission placera des chiffres en face de chaque État.

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6/24/2026, 3:24:49 AM
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