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EU_PUBLIC_AFFAIRS05 / 08 · histoire du jour3 min · 950 mots · 145 sources

Zaporizhzhia subit une 16e coupure totale

Écrit par IAto brief AI · 1 juin 2026, 03:50
Comment elle a été écrite

Modern warfare creates a lawless environment where the old rules of safety no longer take root.

Composition d image · tobrief
le texte · 3 min de lecture

Un drone a touché le bâtiment turbine de la tranche 6 de Zaporijjia le 30 mai, sans hausse de radioactivité. Mais la centrale ukrainienne occupée dépend désormais d’une seule ligne électrique externe, tandis que l’AIEA constate son impuissance à imposer la sûreté.

À Zaporijjia, le risque nucléaire ne tient plus seulement au réacteur. Il tient à l’usure méthodique de tout ce qui permet à une centrale de rester maîtrisable : l’électricité, les communications, l’accès des inspecteurs, la capacité d’un acteur extérieur à faire respecter des règles.

La centrale nucléaire, installée sur la rive sud du Dniepr en Ukraine occupée, n’est plus reliée au monde extérieur que par une ligne de secours de 330 kilovolts. Avant la guerre, il y en avait dix. Le 30 mai, un drone a frappé le bâtiment turbine de la tranche 6, perçant le mur extérieur. Les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique, l’AIEA, ont trouvé au sol des fragments de drone et de la fibre optique brûlée (ABC News). Les niveaux de radiation sont restés normaux. Mais Zaporijjia a désormais subi 16 coupures totales d’alimentation électrique depuis le début de l’invasion à grande échelle.

Treize jours plus tôt, des drones avaient visé la centrale nucléaire de Barakah, aux Émirats arabes unis. Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a décrit les attaques contre des installations nucléaires comme un « phénomène croissant » (World Nuclear News). Deux centrales, sur deux continents, touchées en moins de deux semaines : le signal est clair. Aucun organisme international ne dispose aujourd’hui du pouvoir de l’arrêter.

Un gendarme sans pouvoir de contrainte

L’AIEA, l’agence de l’ONU chargée de l’énergie nucléaire, maintient des inspecteurs à Zaporijjia depuis septembre 2022. Leur mandat leur permet de mesurer la radioactivité et de rédiger des rapports. Il ne leur permet ni d’imposer une zone de sécurité, ni de contraindre la Russie à ouvrir l’accès au site, ni d’ordonner une évacuation. L’agence « ne dispose pas de pouvoirs d’exécution ni de responsabilité directe en matière de sûreté nucléaire » (SAIIA).

Le 31 mai, les inspecteurs ont demandé à entrer dans le bâtiment turbine endommagé. La Russie ne leur a pas accordé cet accès. Pendant leur inspection extérieure, ils ont dû se mettre à l’abri en raison d’une activité de drones et de tirs. En juin 2025, 26 États membres de l’UE avaient déjà déclaré au conseil des gouverneurs de l’AIEA que les inspecteurs s’étaient vu « refuser à plusieurs reprises l’accès » aux halls ouest des turbines (EEAS). C’est cette même zone qui a été frappée le 30 mai.

Le seul organe capable de transformer les alertes de l’AIEA en décisions contraignantes reste le Conseil de sécurité de l’ONU. Le veto permanent de la Russie verrouille cette voie. La coalition diplomatique qui soutenait les résolutions de l’AIEA sur l’Ukraine s’est encore fissurée en mars 2026, lorsque les États-Unis ont voté contre une résolution du conseil des gouverneurs condamnant les attaques contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes (Ukrainska Pravda).

Un droit pensé pour une autre guerre

Les règles censées protéger les sites nucléaires ont été écrites pour des armées conventionnelles. L’article 56 du Protocole additionnel I aux Conventions de Genève, rédigé en 1977, interdit d’attaquer des centrales nucléaires si la frappe risque de libérer des « forces dangereuses » contre des civils. Mais il prévoit une exception d’utilité militaire : une centrale peut perdre sa protection si elle alimente des opérations militaires.

Cette architecture juridique laisse des angles morts considérables. La liste des installations protégées couvre les réacteurs, les barrages et les digues, mais pas les dépôts de combustible ni les infrastructures électriques qui maintiennent les systèmes de refroidissement en fonctionnement (Oxford JCSL, ECPR Loop). La Russie n’a pas ratifié ce protocole. Les États-Unis non plus. Quant aux drones ayant visé Barakah, ils auraient été lancés par des acteurs non étatiques depuis le territoire irakien, hors du cadre interétatique prévu par le traité. Aucun processus d’amendement n’est engagé.

L’exposition européenne

L’Union européenne exploite 98 réacteurs nucléaires dans 13 États membres, qui fournissent environ un quart de son électricité. La France en compte 57 à elle seule (World Nuclear Association). Un accident de contamination à Zaporijjia pourrait imposer des mesures de protection en Roumanie, en Moldavie ou en Hongrie, selon les vents.

Les retombées géopolitiques de la frappe du 30 mai ont été immédiates. L’ancien président russe Dmitri Medvedev a publiquement menacé de frappes de représailles contre des centrales nucléaires européennes. En Bulgarie, Fakti.bg et 24chasa.bg ont détaillé les implications possibles pour Kozlodouï, la centrale nationale construite par la Russie. Le président Roumen Radev a conservé son ambiguïté habituelle, sans s’aligner pleinement ni sur la condamnation occidentale ni sur le récit russe des frappes.

La France a condamné l’attaque contre Barakah à l’ONU, sans publier d’évaluation du risque pour ses propres centrales (Mission française auprès de l’ONU). L’agence nucléaire polonaise a confirmé des niveaux de radiation normaux, sans rendre public de scénario de contamination (Rzeczpospolita). Aucun gouvernement européen n’a encore expliqué publiquement ce qui se passe si les attaques contre des centrales nucléaires en fonctionnement deviennent routinières.

Quelques jours avant la frappe de drone, Zaporijjia avait subi une coupure de communications de douze heures, la plus longue depuis le début de la guerre, empêchant les pays voisins d’évaluer les conditions radiologiques (Kyiv Independent). Six des sept piliers de sûreté définis par l’AIEA ont été compromis.

Le bâtiment turbine n’est pas l’enceinte de confinement du réacteur. La centrale est à l’arrêt à froid. Le risque radiologique immédiat de cette frappe était faible. Le problème est ailleurs : aucune institution n’a démontré qu’elle pouvait empêcher les centrales nucléaires de devenir des cibles. Chaque incident sans conséquence politique rend le suivant plus facile à intégrer.

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6/1/2026, 3:06:36 AM
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