France : le diesel de réserve à €0.28

France releases cheap reserve diesel; drivers receive only part of the saving.
Composition d image · tobriefÀ partir du 28 octobre, la France vendra aux distributeurs dix millions de barils de gazole prélevés sur ses stocks stratégiques, à environ 0,28 € le litre. Le gouvernement table sur une baisse de 12 à 18 centimes à la pompe dès novembre. L’AIE accélère aussi ses livraisons, sans calendrier précis pour le gazole.
Le prix de vente fixé par SAGESS, l’organisme qui détient les stocks stratégiques français, correspond à peu près à ce qu’il a payé, alors que le gouvernement situe le prix du marché autour de 1,10 € (Ministère, Gouvernement). Le 15 octobre, l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui coordonne les réponses aux crises pétrolières de 32 pays, a accepté d’accélérer le reste de la libération de stocks décidée en urgence, sans fixer d’échéance pour le gazole (AIE). Une décision de l’AIE ne met aucun carburant sur le marché tant que les États n’agissent pas. Les automobilistes français pourraient donc voir les prix baisser dès le mois prochain, tandis qu’une grande partie des stocks promis reste sans calendrier public.
Pourquoi une forte décote se traduit par une baisse limitée à la pompe
Le gouvernement français prévoit une baisse de 12 à 18 centimes par litre à partir du 1er novembre (Gouvernement). L’écart est bien inférieur à celui qui sépare le prix des réserves, 0,28 €, du prix de marché, proche de 1,10 €. Le calendrier et la répartition du dispositif l’expliquent : les dix millions de barils seront écoulés en novembre, décembre et janvier, entre les distributeurs selon leurs parts de marché en 2025 (Ministère).
Chaque distributeur mélangera donc le carburant des réserves, vendu à bas prix, au gazole qu’il achète encore aux conditions du marché. Son coût moyen baissera bien moins que ne le suggère la décote affichée. C’est ce que laisse comprendre le mécanisme. Le gouvernement n’a pas publié le calcul qui conduit à son estimation.
Reste à savoir qui bénéficiera de l’écart de prix. Les distributeurs reçoivent d’abord le carburant à bas coût ; les transporteurs, les agriculteurs et les autres grands consommateurs n’en profiteront que si les prix de revente et leurs contrats d’approvisionnement le répercutent. Le dispositif concerne aussi le gazole non routier utilisé dans l’agriculture, la pêche et le bâtiment, ainsi que le fioul domestique (Franceinfo). TotalEnergies, premier distributeur de carburant du pays, prévoit une baisse de 8 à 12 centimes, inférieure à la fourchette du gouvernement (DNA). Certaines stations pourraient ne voir les prix baisser qu’autour du 10 novembre. Plus de 300 stations rurales recevront une aide de trésorerie pour pouvoir réduire leurs tarifs avant même l’arrivée du carburant moins cher (TF1 Info).
Ce que l’AIE a réellement décidé
En mars, après que la guerre a perturbé le trafic dans le détroit d’Ormuz, les membres de l’AIE se sont engagés à mettre à disposition 400 millions de barils. Ce chiffre annoncé par l’agence a ensuite été réparti entre les pays (AIE, AIE). Les chiffres communiqués depuis sont eux aussi arrondis. Le 15 octobre, le conseil d’administration a indiqué qu’environ 330 millions de barils avaient déjà été mis sur le marché et a convenu d’écouler les quelque 100 millions restants, dont plus de 20 millions de barils de gazole, « dès que possible » (AIE).
Ces estimations dépassent les 400 millions de barils en partie parce que certains pays ont libéré davantage que leur engagement initial. Le conseil n’a pas fixé de total définitif (Reuters). L’accélération a été demandée par le G7, qui réunit les sept grandes économies avancées. Le 2 octobre, ses dirigeants ont appelé à avancer sur quatre mois la mise à disposition de 100 millions de barils, en donnant la priorité au gazole (G7).
Le gazole passe en premier parce que c’est le carburant qui manque. En septembre, les livraisons de produits raffinés en provenance du Moyen-Orient sont tombées à environ 1,9 million de barils par jour, contre 4,7 millions avant la guerre (AIE). Le gazole stocké est déjà raffiné et peut donc parvenir rapidement aux acheteurs. Les attaques menées cette semaine contre des navires près du détroit ont encore resserré l’offre (To Brief).
L’Allemagne ajoute des barils, les Pays-Bas freinent
Chaque gouvernement doit autoriser le prélèvement dans ses réserves. L’organisme chargé de les gérer vend ensuite le carburant ou réduit les stocks que les entreprises ont l’obligation de détenir (ZDFheute). La déclaration de l’AIE ne précise ni volume ni date pour l’Allemagne (AIE). Son organisme de stockage, EBV, vend les réserves libérées aux prix du marché (ZDFheute). Ces barils supplémentaires peuvent atténuer la pénurie, mais les acheteurs allemands ne bénéficieront pas d’une réduction comparable à celle proposée en France.
Début octobre, les Pays-Bas avaient déjà libéré près de 4,7 millions des 5,4 millions de barils promis. Le gouvernement résiste à un prélèvement supplémentaire de gazole, au motif qu’il serait difficile de reconstituer des réserves vidées (NU.nl). Tous les membres de l’AIE font face à ce dilemme. Au 7 octobre, ils détenaient encore environ 1,1 milliard de barils de stocks publics d’urgence, dont plus de 200 millions de barils de gazole (AIE). L’agence ne prévoit pourtant pas que le déficit mondial de gazole et de fioul domestique soit résorbé avant le second semestre 2027 (AIE).
La France a fixé une date, un prix et une liste d’acheteurs pour son gazole de réserve. Les automobilistes devraient profiter d’une partie de la baisse, selon la proportion que les distributeurs répercuteront à mesure que les volumes seront écoulés sur trois mois. En Allemagne, aux Pays-Bas et dans la déclaration de l’AIE, les annonces ajoutent des barils sans calendrier de livraison comparable. Elles donnent quelques mois de répit, mais ne rétablissent pas la route maritime qui acheminait le gazole du Golfe vers l’Europe.
Details about this article
- Model:
- claude-opus-5-5
- Generated:
- 10/16/2026, 1:34:59 AM
- Pipeline run:
- eu_pipeline_20261016_005006
- Watermark:
- SynthID (Google's invisible watermark)
- Human review:
- None before publication