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EU_PUBLIC_AFFAIRS04 / 10 · histoire du jour3 min · 909 mots · 50 sources

Raffineries russes : le renseignement pèse sur Kyiv

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Écrit par IAto brief AI · 11 octobre 2026, 02:50
Comment elle a été écrite

Washington presses Kyiv on refinery strikes while its intelligence support remains crucial.

Composition d image · tobrief
le texte · 3 min de lecture

Selon le Financial Times, les émissaires de Donald Trump auraient averti Kyiv que Washington pourrait interrompre le partage de renseignements si les frappes se poursuivaient. Un responsable américain conteste la version d’une menace explicite ; l’Europe ne peut remplacer qu’une partie de ces capacités.

Ce levier dépasse le bras de fer sur les raffineries : Kyiv dépend de moyens de renseignement que les Européens ne peuvent fournir qu’en partie. Le 9 octobre, à Miami, les envoyés de Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, ont passé près de huit heures à demander à l’Ukraine de cesser ses frappes contre les raffineries pétrolières russes (Axios). Selon le Financial Times, ils auraient averti que les États-Unis pourraient interrompre le partage de renseignements si Kyiv continuait d’ignorer leurs demandes. Washington a déjà suspendu ce partage, et l’Europe ne peut en remplacer qu’une partie.

Un avertissement, un démenti et un accord sur le diesel

Le compte rendu public de Witkoff indique que des gouvernements européens, la Commission européenne et l’OTAN ont participé aux discussions sur les préparatifs pour l’hiver et les garanties de sécurité. Il ne fait état d’aucun accord (AFP). Ni ce compte rendu ni les articles de presse ne précisent quels Européens, s’il y en a eu, auraient entendu l’échange contesté.

La version du Financial Times décrit un avertissement conditionnel. Un participant ukrainien a déclaré au journal que l’arrêt des frappes était une « demande ferme » du président américain (Financial Times). Cette formulation traduit une pression sur la suite, sans décision de suspendre le partage.

Axios évoque une menace explicite, en citant un responsable ukrainien. Un responsable américain au fait du dossier conteste cette version et affirme que les émissaires ont seulement rappelé à Kyiv que les États-Unis fournissent ses munitions et ses renseignements (Axios). Même ce démenti confirme que le soutien américain a été évoqué dans la discussion. Aucun article ne rapporte que le partage ait effectivement cessé.

Le même responsable a indiqué que Trump rendait les frappes contre les raffineries responsables de la hausse des prix du carburant aux États-Unis. Le jour des discussions, après un appel avec Vladimir Poutine, Trump a annoncé un accord visant à remettre du diesel russe sur les marchés mondiaux (n-tv). Le Trésor américain a ensuite délivré une licence autorisant des transactions sur le diesel russe que les sanctions américaines auraient autrement bloquées. Valable jusqu’au 7 avril 2027, elle n’impose pas à Moscou de cesser ses attaques contre le réseau électrique ukrainien (OFAC).

Pourquoi Kyiv continue de frapper

Kyiv demande une pause réciproque, plutôt qu’un arrêt unilatéral. Le 22 septembre, Zelensky a déclaré que l’Ukraine était prête à une trêve énergétique avec la Russie, en précisant qu’un arrêt unilatéral n’avait pas été évoqué (Reuters).

Les frappes constituent un levier de négociation pour Kyiv. Dans son analyse d’un secteur du raffinage russe affaibli par les attaques ukrainiennes, l’AIE estimait la production de juin à environ 3,8 millions de barils par jour, soit près de 30 % de moins qu’un an plus tôt (IEA). Ce chiffre ne permet pas d’isoler la part imputable aux frappes, mais il indique ce que Moscou pourrait récupérer. La Russie a, de son côté, lourdement endommagé le réseau électrique ukrainien avant l’hiver (To Brief) : cesser les frappes sans contrepartie priverait Kyiv d’un moyen de pression.

Ce que l’Europe peut remplacer, et ce qui lui échappe

Washington a déjà utilisé ce levier. Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, a reconnu une pause du partage de renseignements le 5 mars 2025, tandis que la majeure partie des échanges passant par les canaux militaires s’interrompait (Washington Post). Le partage a repris le 11 mars après des discussions à Djeddah (AP). L’aide militaire américaine avait été suspendue en même temps : le coût d’une perte du seul renseignement n’a donc jamais été mesuré.

Pour choisir ses cibles, l’Ukraine s’appuie sur des images satellites américaines. Elle compte aussi sur les alertes américaines concernant les attaques russes imminentes pour déployer sa défense aérienne (Washington Post).

Pendant la pause de 2025, la France a continué de partager ses propres renseignements grâce à des capacités qui ne dépendent pas de Washington (Reuters). Paris n’a jamais précisé ce qu’elle avait transmis ; l’ampleur de ce relais reste donc inconnue.

La limite la plus difficile à contourner concerne l’alerte aux missiles balistiques depuis l’espace. En janvier 2026, l’IISS décrivait les États-Unis comme le seul fournisseur actuel de l’Europe pour cette capacité : des satellites qui détectent les tirs de missiles depuis l’orbite (IISS). En mars 2025, Le Monde signalait aussi que les alliés pourraient ne pas être autorisés à transmettre à Kyiv des renseignements d’origine américaine sans l’accord de Washington (Le Monde).

La première réponse politique européenne porte sur les frappes, pas sur le renseignement. Le 10 octobre, le premier ministre estonien Kristen Michal a proposé que le prochain Conseil européen, qui réunit les dirigeants de l’Union, examine un soutien accéléré à l’Ukraine pour détruire les raffineries russes (ERR). Sa proposition ne dit pas qui remplacerait le renseignement américain si Washington le suspendait.

Quelle qu’ait été la formulation exacte des émissaires, le soutien américain en renseignement a été invoqué dans une discussion sur la stratégie de guerre ukrainienne, et Washington l’a déjà suspendu. L’Europe peut fournir une partie de ces renseignements. Mais toute garantie de sécurité à l’Ukraine qui dépend de l’alerte spatiale aux missiles balistiques reste suspendue à une décision prise à Washington.

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10/11/2026, 1:36:16 AM
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